SCÈNE IV
LOEPELD, LE POSTILLON apportant une bouteille.
LOEPELD.
Que me veux-tu, postillon?
C U prend ta boutctlk* \ LE PQSTILLOK.
Kargent de la course de Skaroe à la ville,
LOEPELD.
Es-tu fou, mon vieux? Voudrais-tu être payé deux fois? Tu es sorti le premier de l'auberge de Skaroe, n*est-il pas vrai?
LE POSTILLON
Je ne puis le nier,
LOEPELD.
Tu ne nieras donc pas non plus <jue j'ai remis ce qui te revenait au garçon charge d aller chercher les chevaux : telle est mon habitude; car si on remet l'argent aux postillons, ils le boivent en Yilie, Le tien est en sûreté ; tu le trouveras à Skaroe.
LE POSTILLOW.
Mais, monsieur
LOEPELD*
Point de mais ; les rustres cpii raisonnent me sont insupportables. Je vais te donner un verre de vin pardessus le marché,,. Bois, et va-t'en,
Th-âtir Stfèdou.
3aa I/AYENTURIER,
LE POSTILLON
Monsieur a-t-il un reçu de cet argent?
LOEPELD.
Un reçu? Que parles-tu de reçu? Si tu ne crois pas les honnêtes gens sur parole, je t'arrangerai de manière à ne jamais m'oublier. Achève ton verre, et pars.
LE POSTILLON
Si monsieur (sauf le respect que je lui dois) est un menteur, et veut faire comme certains seigneurs , ce verre de vin aigre sera bien payé ; mais n'importe : 01 Jansson n'en mourra pas; il a déjà conduit une fois pour rieu. A votre santé, monsieur*
LOEPELD.
Merci, mon brave homme. Je commence à te trouver à mon gré ; mais j'ai envie de voir si réellement tu serais capable de conduire quelqu'un gratis, si ce que tu viens de dire n'est point une forfanterie. Dans le premier cas, tu es obligé de me rendre mon argent.
LE POSTILLON
Le rendre?... Mais je n'en ai point reçu.
LOEPELD.
Tu as raison de dire que tu n'as rien reçu ; mais ne comprends-tu donc? pas, imbécile, que nous avons laissé le paiement de ta course au valet chargé d'aller chercher les chevaux ? il a reçu de plus un honnête pour-boire au moment du départ. Comptons : deux milles et deux chevaux font trente-deux