ACTE II, SCÈNE V
SVIiVDLEH.
Une lettre, dont je suis chargé par une dame respectable, et de vos amies, madame, me procure L'inestimable faveur de vous rendre mes devoirs,
Je vous remercie beaucoup ; ayez la bonté de vous asseoir.
C Elle met ta lellrr de côté rtna la regarder. ) SVIJNDLER.
Oserai-je vous prier de parcourir cette lettre? elle doit contenir quelques lignes en ma faveur.
MARIE, reprenant UleElreet fanant semblant de la lire.
Je vois ce que c'est-.. Ayez la bonté de faire mes complimens à cette dame et de la remercier. Combien de temps comptez-vous rester dans notre ville?
SVINDLER.
Je voyage pour mon plaisir. Tant que je me trouve agréablement dans un endroit j'y reste, et pars dès que l'ennui s empare de moi.
marie.
Cette ville vous plaît-elle, monsieur?
5VIIVDLEH.
Je ne suis ici que depuis quelques heures, et ne saurais répondre parfaitement à la question que vous me faites l'honneur de m 'adresser. Je trouve la position de la ville charmante ; et les personnes que j'ai eu occasion de connaître m ont témoigné toutes sortes de bontés,
MARIE
Elles n ont fait que leur devoir envers un aussi joli et aussi galant cavalier.
SVINDLER.
Vous me rendez confus, madame.
MARIS
J'ai parcouru bien des villes, et je puis dire que nulle part je n ai trouvé une plus grande disette de jeunes gens qu'ici.
SVINDLER.
Cela m'étonne; car madame Stricker habitant ces lieux, ses adorateurs devraient s'y réunir comme les abeilles autour des fleurs.
MARIE
Réellement, monsieur, je vois trop peu de monde .Je suis veuve, et il ne serait pas convenable que je sortisse beaucoup ; on aime tant à jaser ! Je ne trouve pas moins bien triste dépasser ses plus belles années, pour ainsi dire, en prison, et comme un capital mort.
SVINDLER, lai prenant U main.
Mais , madame , avec votre fortune , et le caractère que tout le monde vous attribue, vous devez avoir le courage de braver les préjugés, et permettre à votre cœur un nouveau choix.
MARIE, retirant sa main.
Laissez, monsieur; vos discours me rendent pensive : je suis sensible; on me touche facilement.
Je suis au désespoir de vous avoir déplu.