ACTE III, SCÈNE II
SVINDKER.
Ouï... à peu près.
LE BOURGMESTRE
En esprit , en amabilité, elle n'a point de pareilles.
SVIFDLER.
Du moins n'ai-je riÈrf' entendu de semblable.
LE BOURGMESTRE
11 est vrai qu'on trouverait difficilement quelqu'un comme elle. Si vous l'entendiez, le soir, chanter et jouer du clavecin I tout le monde s'arrête dans la rue pour l'écouter ; on en est ravi jusqu'au ciel. Quant à moi, pauvre infortuné, je ne puis en parler que sur la foi d'autrui.
SV1NDLER.
Elle ne m'a pas eu l'air de savoir la musique dans une aussi grande perfection ; elle ma toujours entretenu du défunt, ce qui , je l'avoue, n'était pas fort Réjouissant.
LE BOURGMESTRE
C'était un bien brave homme ; elle le pleure toujours.
SVI3NDLKK
Cependant j'ai cru voir que sa douleur était sur le point de Cesser ; elle va peut-être bientôt se remarier,
LE BOURGMESTRE
Est-il possible? je félicite I époux qu'elle a choisi ; il n'aura pas seulement une grande fortune , mais
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encore il sera possesseur d'une femme belle , vertueuse, remplie d'esprit.
SVINDLER.
Cela serait bien à désirer. Je connais celui qui pourra devenir son époux ; il est mon meilleur ami ; je lui souhaite tout le bonheur possible.
LE BOORGt^TRR.
Voilà de l'inattendu , je l'avoue. C'est une grande nouvelle pour notre petite ville. Madame Stricker va se remarier ! Très-humble serviteur, monsieur; le temps presse, j'ai des occupations. (// s en va.) Mais {revenant) peut-on vous demander le nom de l'époux?
SVIUDLER.
Je ne sais s'il m'est permis de le dire ; cependant je compte sur votre discrétion , et crois pouvoir en faire la confidence à un aussi honnête homme. {Lui parlant à demi-voix près de V oreille.) C'est moi.
LE BOURGMESTRE, d'an air ioqmwU
Que le ciel me soit en aide ! je n'entends pas. Comment avez-vous dit ?
SVINDLER.
C'est moi.
LE BOURGMESTRE
Que je suis malheureux d'être aussi sourd !
SVINDLER.
Alors vous ne le saurez point.
LE BOURGMESTRE
Un peu plus haut seulement.