ACTE V, SCÈNE III
THILDA.
Je sais ce que ces lieux annoncent à Thilda; je sais ce que je dois au père d'Yngvé, à la Scythie; j'ai eu le temps de tout considérer : Pompée me verra aux pieds de cet autel; c'est tout ce que je puis dire, *.
ASMUN.
Pompée te verra à cet autel? Tu connais ses projets; quel est le tien, quel est ton espoir, ton des* sein?
THILDA.
De combler la mesure de mes malheurs et de remplir mon dernier devoir.
ASMUN.
Tu veux appartenir à Pompée, au bourreau d'Yngvé?
THILDA.
Je vais me sacrifier pour Yngvé. {Montrant T autel. ) Un pas fait vers cet autel lui rend la liberté.
ASMUN.
Mais si Pompée te trompait; s'il violait ses promesses ?
THILDA.
Rendez-lui justice, mon père, il est trop grand pour une pareille perfidie.
ASMUN.
Mais si un bras heureux, guidé par le ciel , sauvait non-seulement la vie , l'honneur d'Yngvé, mais encore son trône ? si . . .
<fi ODIN,
THILDA.
Ne m'offrez point un espoir qui sera trompé ; ce n'est pas dans les chaînes qu'on trouve ce bras dont vous parlez ; cherchez plutôt , mon père , à donner de nouvelles forces à mon âme pour accomplir mon dernier devoir.
' ASMUN.
C'en est fait; écoutons tous deux sa voix; ton courage t'honore. Adieu, fille infortunée, ton père t'imitera.