SCÈNE IX
POMPÉE, ODIN, YNGVÉ, SIGURD, MILON, Licteurs, Soldats romains, Peuple scythe.
POMPÉE, eu milieu de le scène.
On a tenté de me surprendre , tel est le droit de guerre, le vaincu cherche à se venger. Je rends grâces aux dieux des nouveaux succès qu'ils m'ont
io6 ODIN ,
accordés, et reviens, chargé de lauriers, vous prouver que Pompée en est digne. {A Odin.) Une trahison, j'en conviens, a préparé ma première victoire; tu en fus la victime. La vengeance et l'amour m'avaient égaré; c'est à mon courage maintenant queje dois tous mes droits ; j'accorde comme vainqueur ce que je puis donner comme rival; sois libre pour la seconde
fois et remonte sur ton trône. ( Aux Scythes. )
Guerriers ! enfans des combats et sujets d'Odin , je vous ai promis au nom de Rome sa protection : Rome vous tient parole; reprenez avec votre roi toute votre indépendance; continuez à défendre vos lois. ( A Yngvé. ) Et toi , qui toujours digne de toi-même as su combattre les horreurs de ton sort, je puis me plaindre de tes offenses : ma haine t'aurait poursuivi si la fortune m'eût été infidèle ; la victoire m'a couronné et je te pardonne. ( Il fait signe qu'on lui été ses, chaînes. ) Tu as sauvé mes jours et vas con- % naître si un Romain est généreux. En conservant ma vie, tu ne m'as donné que ce qu'un héros sacrifie avec joie pour son ami , ce que dès mes premiers ans j'appris à mépriser, et que je hasardais avec indifférence. Maintenant. . . je te rends un plus grand trésor; la main de Thilda était à moi, elle faisait ma félicité... je te la cède.
YNGVE.
Je demeure interdit et sans voix pour te répondre. C'est la première fois qu'une telle magnanimité s'offre à mes regards étonnés... tu es un dieu ; tant de grandeur est au-dessus d'un mortel. ..