Voyez V Histoire de Saint- Dommgue, p. 498 et strir
2. Description du Cap de Bonne 'Espérance^ par M. Kolbe. Amsterdam, 1741, p. 95.
longs : cela seul ne suffit pas, ce me semble, pour qu'on doive les regarder comme de vrais Nègres; d* abord ils en diffèrent absolument par la couleur. M. Kolbe dit qu'ils sont couleur d'olive, et jamais noirs, quelque peine qu'ils se donnent pour le devenir ; ensuite il me parait assez difficile de prononcer sur leurs cheveux , puisqu'ils ne les peignent ni ne les lavent jamais, qu'ils les frottent tous les jours d'une très -grande quantité de graisse et de suie mêlées ensemble, et qu'il s'y amasse tant de poussière et d'ordure que, se collant à la longue les uns aux autres, ils ressemblent à la toison d'un mouton noir remplie de crotte ^ D'ailleurs, leur naturel est différent de celui des Nègres : ceux-ci aiment la propreté, sont sédentaires et s'accoutument aisément au joug de la servitude ; les Hottentots, au contraire, sont de la plus affreuse malpropreté ; ils sont errants, indépendants et très -jaloux de leur liberté; ces différences sont, comme l'on voit, plus que suffisantes pour qu'on doive les regarder comme un peuple différent des Nègres que nous avons décrits.
6ama, qui le premier doubla le cap de Bonne -Espérance et fraya la route des Indes aux nations européennes , arriva à la baie de Sainte -Hélène le h novembre li97; il trouva que les habitants étaient fort noirs , de petite taille et de fort mauvaise mine ', mais il ne dit pas qu'ils fussent naturellement noirs comme les Nègres, et sans doute ils ne lui ont paru fort noirs que par la graisse et la suie dont ils se frottent pour tâcher de se rendre tels ; ce voyageur ajoute que l'articulation de leurs voix ressemblait à des soupirs, qu'ils étaient vêtus de peaux de bétes, que leurs
i. Description du Cap de Bonne-EspéraiiCê , p. 02. 2. Voyez VHiitoire générale des voyaga, par M. Tabbé PrévM, t. I p. 22.
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armes étaient des bâtons durcis au feu, armés par la pointe d'une corne de quelque animal , etc. * ; ces peuples n'avaient donc aucun des arts en usage chez les Nègres.
Les voyageurs hollandais disent que les sauvages qui sont au nord du Gap sont des hommes plus petits que les Européens, qu'ils ont te teint roux brun, quelques-uns plus roux et d'autres moins, qu'ils sont fort laids et qu'ils cherchent à se rendre noirs par de la couleur qu'ils s'appliquent sur le corps et sur le visage, que leur chevelure est semblable à celle d'un pendu qui a demeuré quelque temps au gibet *. Us disent dans un autre endroit que les Hottentots sont de la couleur des mulâtres, qu'ils ont le visage difforme, qu'ils sont d'une taille médiocre, maigres et fort légers à la course ; que leur langage est étrange, et qu'ils gloussent comme les coqs d'Inde*. Le père Tacbard dit que quoiqu'ils aient communément les cheveux presque aussi cotonneux que ceux des Nègres, il y en a cependant plusieurs qui les ont plus longs et qui les laissent flotter sur leurs épaules; il ajoute même que parmi eux il s'en trouve d'aussi blancs que les Européens, mais qu'ils se noircissent avec de la graisse et de la poudre d'une certaine pierre noire dont ils se frottent le visage et tout le corps ; que leurs femmes sont naturellement fort blanches, mais qu'afin de plaire à leurs maris elles se noircissent comme eux*. Ovington dit que les Hottentots sont plus basanés que les autres Indiens, qu'il n'y a point de peuple qui ressemble tant aux Nègres par la couleur et par les traits, que cependant ils ne sont pas si noii*s, que
1. Voyez V Histoire générale des voyages, par M. Tabbé Prévôt, t. I, p. 22.
2. Voyez le Becueil des Voyages de la Compagnie hollandaise, p. 218.