Voyez le Voyage de Jean Ovington, Paris, 1725, p
2. Voyez la Description du Cap, par M. Kolbe, t. I, p. 91 ; voyez aussi l<i Voyage de Courlai, p. 291.
pieds, et trois ou quatre de ses amis le tiennent; alors le prêtre (car c'est une cérémonie religieuse), armé d'un couteau bien tranchant, fait une incision , enlève le testicule gauche ^ et remet à la place une boide de graisse de la même grosseur, qui a été préparée avec quelques herbes médicinales ; il coud ensuite la plaie avec l'os d'un petit oiseau qui lui sert d'aiguille et un filet de nerf de mouton ; cette opération étant finie on délie le patient, msis le prêtre, avant que de le quitter, le frotte avec de la graisse toute chaude de la brebis tuée , ou plutôt il lui en arrose tout le corps avec tant d'abondance, que lorsqu'elle est refroidie , elle forme une espèce de croûte ; il le frotte en même temps si rudement, que le Jeune homme, qui ne souffre déjà que trop, sue à grosses gouttes et fume comme un chapon qu'on rôtit; ensuite l'opérateur fait avec ses ongles des sillons dans cette croûte de suif d'une extrémité du corps à l'autre, et pisse dessus aussi copieusement qu'il le peut , après quoi il recommence à le frotter encore , et il recouvre avec la graisse les sillons remplis d'urine. Aussitôt chacun abandonne le patient, on le laisse seul plus mort que vif; il est obligé de se traîner comme il peut dans une petite hutte qu'on lui a bâtie exprès tout proche du lieu où s'est faite l'opération ; il y périt ou il y recouvre la santé sans qu'on lui donne aucun secours» et sans aucun autre rafraîchissement ou nourriture que la graisse qui lui couvre tout le corps et qu'il peut lécher s'il le veut : au bout de deux jours il est ordinairement rétabli, alors il peut sortir et se montrer, et pour prouver qu'il est en effet parfaitement guéri, il se met à courir avec autant de légèreté qu'un cerf*.
1. Tavernier dit que c'est le testicule droit, t. IV, p. 397.