‹ Chefs-d'œuvre oratoires de Fléchier, Bourdaloue: Petit carême de MassillonChapitre 25 sur 121 · DE MONSIEUR LE PREMIER PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

DE MONSIEUR LE PREMIER PRÉSIDENT

DE LÀMOIGNON*

DiUg%t9 juiHUam » piiJuHeoiii Urrwm; fmtiU d* thmimê m h^nitatê, «f «m rimipImMt •orMt fu^riU t UtiM. ( Sir.» i, I . )

Aima It Jnitiee, Jagn de la tene ; ajei des •entiments conformes à It bonté de Dien, et ehercha»4e dani la aimplieité dn eonr.

le ne Tiens pas ici. Messieurs » renouveler dans vos esprits le triste souvenir d'une mort que vous avez déjà pleurée. Laissons aux infidèles ces longues et sensibles douleurs que la religion ne modère pas. Comme leurs pertes sont irréparables, leur tristesse peut être sans bornes; et comme ils n'ont point d'espérance, ils n'ont pas aussi de consolation. Pour nous, à qui Dieu par sa grâce a révél(^ ses vérités, nous avons lu dans ses Écritures* qu'il y a un temps de pleurer, et une mesure de larmes; que le soleil, qui ne doit jamais se coucher sur notre colère, ne doit pas se coucher plus de sept fois sur notre affliction; et que la même charité qui nous fait regretter la mort des fidèles nous fait espérer leur résurrection, et nous invite à nous réjouir de leur bonheur.

I. flofflaume de Lamoignon aortttd*ane dee plos nobles et des plus aneiennee famlUes du KrcniaSi, ■ qui, après 8*6tre distîngnée dans les emplois militaires, avant m6me le règne de « saint Loois, entrant depois, sons Henri n , dans les premières dignités de la robe, a sontenn , • dans le parlement, la gloire qu'elle avait acquise dans les armées.! U naquit en 1017 ; son père, Chrétien de Lamoignon, qoi mourat en t636 , était président à mortier an parlement de Paris; ■ou grand-père Charles, mort en 1573, premier auteur de la nouTelle illustration de cette famill utique, atalt été conseiller au parlement, maître des requêtes, et conseiller d*État.

Cette oraison ftinèbie a été prononcée à Paris, dans Téglise de Saint^liooUi-dn-GhaidoDnet, 1« 18 février 1679.

3 EGCU,in,4;PSAlM.LXIIZ;ECCL.,XXn,lf«

Pourquoi rouvriraîs-je donc une plaie que le temps et la raison doivent avoir déjà fer.mée? N'attendez pas, Messieurs, que je déplore ici le néant et la misère des hommes ; je ne viens que louer la grandeur et la miséricorde du Seigneur. Je veux vous apprendre à chercher Dieu, dont la durée est étemelle, et non pas vous affliger pour des créatures qui finissent; et dans l'éloge que j'entreprends de messire Guillaume de Lamoignon, premier président du parlement, ce n'est pas mon dessein d'exagérer la perte que vous avez faite d'un homme juste, mais de vous porter à aimer comme lui la justice : Diligite jusUiiam.

Dans ces jours de trouble et de deuil, où l'on se sent cofnme frappé du spectacle sensible d'une mort récente et inopinée, on se renferme tout en soi-même, et l'on s'occupe de sa douleur. Si l'on fait quelques réflexions, c'est en général sur l'inconstance et sur la vanité des choses humaines, sans descendre jgsqu'à ses propres défauts ou à ses infirmités particulières. On cherche à se consoler plutôt qu'à s'instruire; et si l'on parle des bonnes œuvres de ceux qui sont morts, c'est pour justifier les larmes qu'on verse sur eux, plutôt que pour profiter de leurs exemples. Mais il est temps de nous élever par la foi au-dessus des faiblesses de la nature. C'est peu de reconnaître la nécessité de mourir, l'importance même de bien mourir, si l'on n'en tire des motifs et des conséquences pour bien vivre; et c'est en vain qu'on croit honorer la mémoire des gens de bien qui sont décédés, si l'on ne va recueillir les restes de leur esprit sur ces tombeaux où l'on rend des honneurs funèbres aux tristes dépouilles de leur corps mortel.

C'est dans cette vue. Messieurs, que je dois vous représenter aujourd'hui un magistrat qui n'a rien ignoré ni rien négligé dans son ministère, et qu'aucun intérêt ne détourna jamais du droit chemin de l'équité; un homme doux et secourable, qui a a su tempérer l'austérité des lois et de la justice par tous les adoucissements qu'inspirent la miséricorde et la charité; un chrétien qui a consacré ses vertus morales et politiques par une piété simple et sincère. Je laisse à Dieu, qui seul est le mailre du cœur des hommes, et qui les touche quand il veut par l'efficace qu'il donne aux bons exemples, à graver dans vos cœurs ces sentiments de droiture, de bonté et de religion que je vous

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propose. Pour moi, je ne puis que tous redire de sa part ces paroles de mon texte : c Aimez la justice, ayez des sentiments c conformes à la bonté du Seigneur, et cherchez-le dans la sim» c plicité du cœur. »

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