I. Sap., zv
s. Vwrr., c. m, ▼. 35.
aeo POUR LE DIMANGtlE
La religion, la piété envers Dieu , la fidélité à tous les devoirs qu'il nous impose à Tégard des autres et de nous-mêmes; une * conscience pure et à Tépreuve de tout; un cœur qui marche droit dans la justice et dans la vérité, supérieur à tous les obstacles qui pourraient Tarrêter, insensible à tous les attraits rassemblés autour de lui pour le corrompre, élevé au-dessus de tout ce qui se passe, et soumis à Dieu seul; voilà la véritable gloire, et la base de tout ce qui fait les grands hommes. Si vous frappez ce fondement, tout Tédifice s*écroule, toutes les vertus tombent; et il ne reste plus rien, parce qu'il ne reste que nous-mêmes.
Sire , votre règne serait plein de merveilles , vous porteriez la gloire de votre nom jusqu'aux extrémités de la terre, vos jours ne seraient marqués que par vos triomphes, vous ajouteriez de nouvelles couronnes à celles des rois vos ancêtres, l'univers entier retentirait de vos louanges; si Dieu n'était point avec vous , si l'orgueil , plutôt que la justice et la piété, était l'âme de vos entreprises, vous ne seriez point un grand roi, vos prospérités seraient des crimes, vos triomphes, des malheurs publics; vous seriez l'effroi et la terreur de vos voisins, mais vous ne seriez pas le père de votre peuple : vos passions seraient vos seules vertus; et, malgré les éloges que l'adulation, la compagne immortelle des rois, vous aurait donnés, aux yeux de Dieu, et peut-être même de la postérité, elles ne paraîtraient plus que de véritables vices.
Ce n'est donc pas cette gloire humaine, grand Dieu, que nous vous demandons pour cet enfant auguste; elle paraît déjà peinte sur la majesté de son front, elle coule même dans ses veines avec le sang des rois ses ancêtres; et vous l'avez fait naître grand aux yeux des hommes , dès que vous l'avez iaik naître du sang des héros; c'est la gloire qui vient de vous. Rehaussez les dons de la nature, dont vous l'avez ennobli , par l'éclat immortel de la piété : ajoutez à toutes les qualités aimables qui le rendent déjà les délices de son peuple, toutes celles qui peuvent le rendre agréable à vos yeux : laissez à sa naissance et à la valeur de la nation le soin de cette gloire qui vient du monde; nous ne vous demandons, grand Dieu, que de veiller au soin de sa conservation et de son salut. L'histoire de ses an-
cétres est un titre qui nous répond de l'éclat et des prospérités de son règne; mais vous seul pouvez répondre de Tinnocence et de la sainteté de sa vie. La gloire du monde est comme Théritage qu'il a reçu de ses pères selon la chair; mais vous, grand Dieu, qui êtes son père selon la foi, donnez-lui la sagesse, qui est la gloire et l'héritage de vos enfants.
Que son cœur soit toujours entre vos mains, et son cœur sera encore plus grand que ses succès et ses triomphes : qu'il vous craigne, grand Dieu; ses ennemis le craindront, ses peuples l'aimeront, il deviendra à l'univers un spectacle digne de Fadmiration de tous les siècles; et comme nous n'aurons plus rien, à craindre pour sa gloire, nous n'aurons plus rien aussi à souhaiter pour notre bonheur. Ainsi soit-il.