‹ Chefs-d'œuvre oratoires de Fléchier, Bourdaloue: Petit carême de MassillonChapitre 81 sur 121 · POUR LE DIMANCHE DBS RAMEAUX · texte numérisé non relu

POUR LE DIMANCHE DBS RAMEAUX

privées ne leur suffisent pas; il leur faut encore les vertus publiques. Ce serait peu de les avoir jusques ici exhortés à la piété : l'essentiel est de leur montrer quelle est la piété de leur état. Quoique TÉvangile propose à tous la même doctrine, il ne propose pas à tous les mêmes règles : les devoirs changent avec rétat; plus il est élevé» plus ils se multiplient; plus nos places nous rendent redevables au public , plus elles exigent des vertus pubUques; et nous devenons mauvais, si nous ne sommes bons que pour nous-mêmes.

Or, la piété des grands a trois écueils à craindre, qui peuvent changer en vices toutes leurs vertus.

Premièrement, une piété oisive et renfermée en elle-même, qui les éloigne des soins et des devoirs publics.

Secondement, une piété faible , timide , scrupuleuse, qui jette rindécision dans leurs entreprises et dans toute leur conduite.

Enfin , une piété crédule et bornée , focile à recevoir l'impression du préjugé, et incapable de revenir quand une fois elle Ta reçue.

C'est-à-dire qu'il faut à la piété des grands la vigilance pu* blique, qui fait agir; le courage et l'élévation , qui font décider et entreprendre; enfin, ou les lumières qui empêchent d'être surpris, ou une noble docilité qui se fait une gloire de revenir dès qu'elle a senti qu'on l'a surprise.

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