ACTE y, SCÈNE II
Ne perlez pas plus loin votre injuste victoire;
Ou, par mes propres mains immolée à ma gloir®.
Je saurai m’affranchir, dans ces extrémités,
Du secours dangereux que vous me présentez.
ACHILLE
Eh bien, n’en parlons plus. Obéissez, cruelle,
Et cherchez une mort qui vous semble si belle.
Portez à votre père un cœur où j’entrevoi Moins de respect pour lui que de haine pour moi.
Une juste fureur s’empare de mon âme :
Vous allez à l’autel; et moi, j’y cours, madame.
Si de sang et de morts le ciel est affamé,
Jamais de plus de sang ses autels n’ont fumé.
A mon aveugle amour tout sera légitime :
Le prêtre deviendra la première victime;
Le bûcher, par mes mains détruit et renversé,
Dans le sang des bourreaux nagera dispersé;
Et si, dans les horreurs de ce désordre extrême,
Votre père frappé tombe et périt lui-même,
Alors, de vos respects voyant les tristes fruits, Reconnaissez les coups que vous aurez conduits.
IPHIGÉNIE
Ah! seigneur 1 Ahl cruel 1... Mais il fuit, il m’échappe. O toi, qui veux ma mort, me voilà seule, frappe; Termine, juste ciel, ma vie et mon effroi I Et lance ici des traits qui n 'accablent que moi !
IPHIGÉNIE EN AULIDE