‹ Chefs-d'œuvre: Phèdre. Britannicus (volume 2)Chapitre 53 sur 105 · ACTE y, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE y, SCÈNE II

Ne perlez pas plus loin votre injuste victoire;

Ou, par mes propres mains immolée à ma gloir®.

Je saurai m’affranchir, dans ces extrémités,

Du secours dangereux que vous me présentez.

ACHILLE

Eh bien, n’en parlons plus. Obéissez, cruelle,

Et cherchez une mort qui vous semble si belle.

Portez à votre père un cœur où j’entrevoi Moins de respect pour lui que de haine pour moi.

Une juste fureur s’empare de mon âme :

Vous allez à l’autel; et moi, j’y cours, madame.

Si de sang et de morts le ciel est affamé,

Jamais de plus de sang ses autels n’ont fumé.

A mon aveugle amour tout sera légitime :

Le prêtre deviendra la première victime;

Le bûcher, par mes mains détruit et renversé,

Dans le sang des bourreaux nagera dispersé;

Et si, dans les horreurs de ce désordre extrême,

Votre père frappé tombe et périt lui-même,

Alors, de vos respects voyant les tristes fruits, Reconnaissez les coups que vous aurez conduits.

IPHIGÉNIE

Ah! seigneur 1 Ahl cruel 1... Mais il fuit, il m’échappe. O toi, qui veux ma mort, me voilà seule, frappe; Termine, juste ciel, ma vie et mon effroi I Et lance ici des traits qui n 'accablent que moi !

IPHIGÉNIE EN AULIDE

Page 1