ACTE I, SCENE I
C’est à toi de choisir quel parti tu dois prendre ;
Qui des deux te paraît plus digne de ta foi,
L’esclave des Romains, ou le fils de ton roi?
Fier de leur amitié, Pharnace croit peut-être Commander dans Nymphée, et me parler en maître* Mais ici mon pouvoir ne connaît point le sien :
Le Pont est son partage, et Colchos est le mien ;
Et l’on sait que toujours la Colchide et ses princes Ont compté ce Bosphore au rang de leurs provinces.
ARBATE.
Commandez-moi, seigneur. Si j’ai quelque pouvoir, Mon choix est déjà fait, je ferai mon devoir :
Avec le même zèle, avec la même audace Que je servais le père, et gardais cette place,
Et contre votre frère, et même contre vous,
Après la mort du roi, je vous sers contre tous.
Sans vous, ne sais-je pas que ma mort assurée De Pharnace en ces lieux allait suivre l’entrée ?
Sais-je pas que mon sang, par ses mains répandu,
Eût souillé ce remoart contre lui défendu ?
Assurez-vous du cœur et du choix de la reine;
Du reste, ou mon crédit n’est plus qu’une ombre vaine* Ou Pharnace, laissant le Bosphore en vos mains,
Ira jouir ailleurs des bontés des Romains.
XIPHARÈS
Que ne devrai-je point à cette ardeur extrême !
Mais on vient. Cours, ami. C’est M anime elle-même»
MITHRIDATB
SCÈSE II