PYRRHUS, PHŒNIX
PYRRHUS
Hé bien, Phœnix, l’amour est-il h maître? Tes yeux rsfusent-ils encor de me connaître?
PHOENIX
Ah! je vous reconnais; et ce juste courroux
Ainsi qu’à tous les Grecs, seigneur, vous rend à vous.
Ce n’est plus le jouet d’une flamme servile ;
C’est Pyrrhus, c’est le fils et le rival d’Achille,
Que la gloire à la fin ramène sous ses lois,
Qui triomphe de Troie une seconde fois.
PYRRHUS
Dis plutôt qu’aujourd’hui commence ma victoire : D’aujourd’hui seulement je jouis de ma gloire;
Et mon cœur, aussi fier que tu l’as vu soumis,
Croit avoir en l’amour vaincu mille ennemis.
Considère, Phœnix, les troubles que j’évite;
Quelle foule de maux l’amour traîne à sa suite;
Que d’amis, de devoirs, j’allais sacrifier;
Quels périls... un regard m’eût tout fait oublier ;