A MA LAMPE
ROMANCE
Dans ta lumière vacillante ,
O ma lampe ! quelle leçon !
le suis aussi foible, tremblante ,
De la mort je sens le frisson....
Comme toi je vais donc m'éteindre
Faute d'un utile secours?
Mais ton sort est bien moins à plaindre,
On te ranime tous les jours.
Demain on te rendra la vie Pour éclairer les ris , les jeux ; Demain , si la mienne est finie , Je disparais à tous les yeux.
Mais à ma demeure dernière On peut dire en me conduisant , Le malheur ouvrit la barrière Qui la séparoit du néant.
L'Amour, en voulant ma naissance, Avoit , dit-on , formé mes traits ; Et les Muses, dès mon enfance, Daignoient m'accorder leurs bienfaits Amante aimée , heureuse épouse , Tout faisoit envier mon sort ; Mais la foitune fut jalouse .
Le bonheur pour elle est un tort
Bientôt disparut à ma vue Le nioitel si cher à mon cœur ; Quand la foudre perce la nue , On voit tomber le voyageur.
Ainsi je restois sur la terre Sans appui , même sans espoir ; Veuve à jamais et triste mère , J'eus le courai'e du devoir.
Remplir sa pénible carrière En s'effrayant sur l'avenir ; N'oser regaider en arrière, Craignant l'effet du souvenii- ; Voir les besoins toujours renaître Et les moyens s'évanouir, Qui pourroit , hélas ! être maitre De ne pas dire.... Il faut mourir!
Eh bien ! sois mon flambeau funèbre , Lampe, témoin de mes douleurs :
Tu peux un jour être célèbre Par le récit de mes malheurs.
Fais que sur ma tombe paisible Les humains jettent quelques fleurs .
Dis-leur que mon ombre sensible Bénit qui lui donne des pleurs.