‹ Chefs-d'œuvre poétiques des dames françaisesChapitre 24 sur 186 · JUSTINE DE LEVI · texte numérisé non relu

JUSTINE DE LEVI

Justine de Levi, fille d'André Perotti, de Sasso Ferrato, descendant de l'illustre maison de Levi , naquit à Crémone , cultiva avec succès la poésie italienne et fut contemporaine de Pétrarque , avec lequel elle entretint une correspondance littéraire. Ce fut elle qui lui adressa ce sonnet si connu, qui commence par ce vers :

Jo vorrei pur drizzar queste mei piume ,

et auquel Pétrarque répondit par un autre sonnet fait sur les mêmes rimes et commençant ainsi :

La gola, il sonno, e l'oziose piume, etc.

Mais, pour éviter jusque lapparence de la rivalité avec ce célèbre poète, elle se décida à ne plus écrire qu'en français. Justine de Levi épousa Louis de Puytendre , gentilhomme français habitant les bords du Rhône , et fut la bisaïeule de Clotilde de Surville.

Voici l'extrait d'une pièce de vers qu'elle fit à la louange de Louis de Puy tendre.

C'est icy qu'apparust à ma veue encharmée Le héroz que seulet tiens l'esgal d'ugne armée , Que , por sien bel Adon , eust prins mère d'Amour, Et diroit Orphéos, Dieou que lance le jour!... Pardonne , ô tendre Eros 1 s'entr'iceux ne te nomme ; Maiz ne scay l'enfançon comparer au josne homme -. T'eusse veu sanz esmoy ; ne le \is sanz paslir, Me troubler, perdre voix, palpiter, fresmollir; Languir de volupté, sentir en ma poictrine. Toute en rapides feulx , circuler ta C yprine...

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