SUR LES CHASSES FRÉQUENTES DU ROI
/ SONNET
Que je te liay, chasseresse de Cynthe, Je veu\ douter de ta pudicité , Voyant mon roy jour et nuict agité Dans les forests sans égard de ma plainte.
Rends-le , Diane , à ma jalouse crainte :
J'ai comme toy l'éclat de déité ;
Par l'uniuers mon nom est récité.
Ma beauté luit, ma couche est pure et saincte.
Mais ta pudeur cachant ta feincte aux bois ,
Tu me rauis la fleur des jeunes roys ,
Plus beau que toy, plus fort que Mars ton frère.
N'irrite plus ma tendre passion ••
Rends-tu Louys riual d'Endymion,
Pour estre ensemble et peu chaste et légère?