‹ Chefs-d'œuvre poétiques des dames françaisesChapitre 83 sur 186 · A L'ILLUSTRE AUTEUR · texte numérisé non relu

A L'ILLUSTRE AUTEUR

DE L'ODE POUR C LIME NE, QUEL qu'il soit.

Que ne la gardiez-vous cette lyre içalante , Généreux inconnu? Pourquoi me la donner? Ah! c'est sous votre main délicate et savante Qu'elle doit résonner.

Du moins, pour me la rendre encor plus précieuse, Il falloit à mes yeux soudain vous découvrir, Et ne me pas cacher cette main généreuse Qui daignoit nieFolfrir.

Souvent mon cœur, flatté par la fausse apparence , Presqn'en tous mes amis croit vous apercevoir; Et pour eux, tour à tour, sent la reconnoissancc Que je crois vous devoir.

Quelle tranquillité ne le cède à la vôtre ? Quoi, jamais de vos droits vous ne serez jaloux , Et vous voudrez toujours que je donne à quelqu'autre ' Ce qui n'est dû qu'à vous?

Pour vous, je le promets, j'aurai de la tendresse. Pourvu que vous vouliez bientôt vous présenter Peut-être est-il des gens qui, par cette promesse , Se laisseroient tenter.

lu

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Croyez-moi, montrez-vous, tandis qu'à vous connoître On me voit employei' mille soins superflus ; Vous viendrez par malheur vous découvrir peut-être, Quand je ne voudrai plus.

Honteuse, quelque jour, de me voir engagée A la tendre amitié qu'aujourd'hui je promets, Je crains de souhaiter, dans mon ame changée. De ne vous voir jamais

Déjà de ma promesse en secret je soupire. Je sens qu'à la tenir il y va trop du mien ; Et , si vous me laissez le temps de m'en dédire , Je ne réponds de rien.

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