‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de Scarron, et RotrouChapitre 104 sur 224 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MARC -ANTOINE, D. ALPHONSK, D. JAPHET, FOUCAKAL, LE BAILLI, LÉONORE, MARINE.

D. ALPHONSE, à LèoHore , ait fond du théâtre. Que maudit soit le fou ! son laquais vient à nous.

FOUCAUAL, à Léonore.

De la part de .la{>het, le cacique des fous. Je viens, plus fou que lui de servir un tel maître , Vous dire qu'à vos veux il voudroit bien paroitre.

D. JAPHET, ayant suivi son laquais.

Le voilà tout paru. Par lame de Noé !

La sotte a l'œil brillant et l'air fort enjoué.

LÉON QBE.

Quoi! vous m'appelez sotte!

D. JAPHET

Ah ! petite mignonne.

Sotte entre courtisans, c'est-à-dire friponne.

Friponne ! encore pis.

D. JAPH ET.

Oui, tu m'as friponne Mon cœur infriponnable , œil émerillonné : Ah ! si le ciel t'avoit fait naître une duchesse. S'il t'avoit seulement fait naître une comtesse, Kous pourrions, en vertu du lien conjugal, Coucher en méiue lit, sans qu'on eu dit tlu m;d. Mais , lu'las 1 par malheur ta naissance est troji basse ,

14^ nON JAPHET D'ARMÉNIE.

Kt l'hymen entre nous auroit mauvaise grâce.

si l)ien que sans rien craindre et sans scrupuliser,

A simple concubine il faut s'humaniser,

Si tu veux posséder un corps conuiie le nôtre.

LÉONOR E

Monsieur, voas me prenez sans doute pour une autre. Si le ciel vous a fait trop grand seigneur pour nous, Le ciel m'a faite aussi pour un autre que vous.... Marine, allous-nous-en.

D. JAPHET

Ah ! beauté priutanière , Veux-tu me fuir ainsi, comme une bête fîère? Tu ne t'en iras pas sans m'avoir pirdomié Le parddiniable effet d'un amour forcené.

(à Marine. ) Et toi, de ce lion tigresse inséparable, N'auras-tu point pitié d'un ai^iant misérable?

MARINE

Et vous, monsieur Japhet, de Noé descendu.

Tous ces beaux mots ne sont qu'autant de bien perdu

Léonore n'est point lion, ni moi Marine

Je ne suis point tigresse, et n'en ai point la mine :

Je suis bonne chrétienne, et Léonore aussi :

Allez faire blanchir votre linge noirci.

Tu me reproches donc ma fraise : ah , mouche-guépe ! Tu ne dois point trouver à redire à mon crêjie. Après avoir perdu ma fidèle moitié, Au moins devois-je un crêpe à sa rare amitié... /.iirdiuaci !

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