ACTE III, SCKNE XVN. lO
Vous riez! est-ce ainsi que mon malheur vous touche? Peste soit du grand fou ! comme il ouvre la bouche!
( Tous rient sntts éclater.) i) le fâcheux objet, alors qu'on n'entend rien, I3e voir ouvrir ainsi tant de gueules de chien ! Sur mon dieu , je voudrais aussi perdre la vue , Afin de ne voir point cette sotte cohue; J'aimerois bien mieux voir un troupeau de sergents. O que les grands seigneurs ont de vilaines gens!... Pascal , Roc , Foucaral , il f;«ut plier bagage : Me voilà revenu de mon beau mariage.
Dieu m'a donné l'ouïe, et Dieu m'en a perclus; Et que de Léonore on ne me parle plus. La drôlesse me coûte et l'honneur et l'ouïe , Et je ne l'en vois pas guère moins réjouie. Si jamais à coquette !...
r. F. COMMANDEUR parle tout de bon.
Ah ! tout beau, don Japhet, Vous guérirez bientôt.
D. JAPHET
J'entends bieu en effet; Ah ! sur mon dieu, j'entends !
L KO N o R E , parlant le plus haut quelle peut. Monsieur ?
D. JAPHET
Tout doux , la peste !
L É o X o R E , toujours haut.
Vous nous entendez bien ?
D. JAPHET
Je vous entends de reste;
i68 DON J Al' Il 11 0 Al;.\ll,ME.
^'e criez plus.
L i: co M M A N D F. i" » , fort haut.
Monsieur, si le bien de vous voir A causé votre mal , j en suis au désespoir.
D. JAPHET
Il n'en est pas besoin, coiuinandeur de mon arae;
Je vous entends, mon cher... Grand Dieu, que je réclame,.
Si vous m'avez donné la faculté d'ouïr, 1
Léonore peut bien encor se réjouir;
Je ne rétracte point le doa de ma franchise.
Mais qu'on reparle encor pour assurer la crise,
Je ue suis plus fâché.
D. AL\ KV.V., fort haut.
Monsieur, assurément Vous n'aurez que la peur.
D. J A PU ET
Ah ! parlez doucement; Vous me rassourdissez. La peste ! comme il crie ! On diroit qu'il n'a fait autre chose en sa vie.
TOUS, à-la-fois et fort haut.
Vous nous entendez bien?
D. JAPHET
Bon dieu ! vous criez tous.
J'aimerois bien autant ouïr hurler les loups. LE co iM M A N DE u n , toujours haut. On s'est accoutumé.
n. ,1 Al' Il ET.
(^uOn se désaccoutume.
Ma cervellt' n est pas dure comme une enclume.