I. E PRINCE
Vous en faites la v.îine, et tenez ces paroles
Pour «les propos eu l'air, et des toutes frivoles. ^L'amour me les dictoit, et j'étois transporté, s'il seu faut rapporter à votre vanité. Mais si j'en suis l)on ju^;e, et si je m'en dois croire. Je vois peu de matière à tant de vaine gloire; Je ne vois point en vous d'appas si surprenants, Qu'ils vous doivent donner des titres éminents. Ilien ne relève tant l'éclat de ce visage, Ou vous n'en mettez pas tous les traits en usage. Vos yeux , ces beaux charmeurs , avec tous leurs appas , Ne sont point accusés de tant d'assassinats. Le joug que vous croyez tomber sur tant de têtes Ne porte point si loin le bruit de vos conquêtes; Hors un seul, dont le cœur se donne à trop bon prix, Votre empire s'étend sur peu d'autres esprits. Pour moi, qui suis facile, et qui bientôt me blesse, Votre heauté m'a plu , j'avouerai ma foiblesse , Et m'a coûté des soins, des devoirs et des pas ; IVlais du dessein, je crois cjue vous n'en iloutez ()as. Vous avez eu raison de ne vous pas promettre Un hymen que mon rang ne me pouvoit permettre ; L'intérêt de l'état qui doit régler uton sort Avecque mou amour n Vu ('toit ()as d'accord. Avec tous mes efforts, j'ai uiau(|ué de fortune; , Vous m'avez résisté, la gloire en est commune. Si contre vos refus j'eusse cru mou ])oavoir, l'n facile succèseût suivi mon espoir; Dérobant ma conquête, elle m'ctoit certaine : Mais je n'ai pas trou\é quelle en valût la peine; Lt bien loin de vous mettre au rang où |c prétends.