SCÈNE X
D. FERNAXD, D. LOUIS.
D. FERNAND
Eh bien! cher don Louis, quelle affaire vous mène;
En quoi puis-je servir un si brave neveu?
D. LOUIS, tenant un billet.
, Monsieur, un mien ami m'a mandé depuis peu j Que j'avois sur les bras une grande querelle : 'Je sais bien pour chercher un conseiller fidèle,
Puisqu'il est question d'honneur et de combats,
Que m' adressant à vous je ne me trompe pas.
D. FERNAND
Au moins ne pouvez-vous en employer un autre Qui vous chérisse plus, et qui soit autant vôtre; Jusques au dégainer je vous le montrerai. Est-ce par ce billet?...
D. LOUIS
Oui, je vous le lirai.
D. FERNAND
Lisez donc : aussi bien j'ai perdu mes lunettes , Et n'est pas trop aisé d'en recouvrer de nettes. D. LO uis lit le billet.
« Le jeune frère de celui " Que vous avez tué, pour quelques amourettes,
•< Part de ce pays aujourd'hui,
<« Pour aller en cour où vous êtes :
" Je ne sais pas pour quel sujet ;
38 JÔDEI-ET.
" Mais je sais bien que vyus lécrire , « l'our éviter pareil accident, ou bien pire, « Fst à moi fort bien fait.
« I). Pedro Osouio. •«
n. FERNAND.
Où fut-ce?
D. LOUIS
Dans Burgos.
D. FER N A N D
Étoit-ce un cavalier?
D. louis.
Oui , de mes grands amis.
D. FERN AN D
En combat singulier?
D. LOUIS
Non; ce tut par mégarde, et durant la nuit noire.
n. FERN AND.
Contez-moi le détail de toute cette histoire.
D. LOUIS
Vous allez tcmt savoir.
D. FERN AND
s'entend, en peu de mots.
D. LOITIS.
Vous NOUS souvenez bien des fêtes de Hurgos,
Pour le premier enfant qu'eut la grande Isabelle ,
Des royales vertus le pins parfait modèle?
Un ami qui faisoit trop d estime de Uioi,
M'inN ita de venir à ce fameux tournoi,
Pour montrer avec lui notre valeur connnune.