SIXIÈME ÉPOQUE
SALOMON, ou LE TEMPLE ACHEVÉ.
Cinquième âge du monde.
Ce fut environ l'an 3000 du monde, le 488 depuis la sortie d'Egypte, et pour ajuster les temps de l'histoire sainte avec ceux de la profane, 180 ans après la prise de Troie, 250 devant la fondation de Rome, et 1000 ans devant Jésus-Christ, que Salomon acheva ce merveilleux édifice. (3000 — 1005) 11 en célébra la dédicace avec une piété et une magnificence extraordinaires. Cette célèbre action est suivie des autreç merveilles du règne de Salomon, qui finit par de honteuses faiblesses. 11 s'abandonne à l'amour des femmes ; son esprit baisse, son cœur s'alïaiblit, et sa piété dégénère en idolâtrie. (3001 — 1004) Dieu justement
irrité l'épargne en mémoire de David son serviteur ; mais il ne voulut pas laisser son ingratitude entièrement impunie : il partagef^son royaume après sa mort, et sous son fils Roboam. (3029— 975) L'orgueil brutal de ce jeune prince lui fit perdre dix tribus, que Jéroboam sépara de leur Dieu et de leur roi. De peur qu'ils ne retournassent au roi de Juda, il défendit d'aller sacrifier au temple de Jérusalem, et il érigea ses veaux d'or, auxquels il donna le nom du dieu d'Israël, afin que le changement parût moins étrange. La même raison lui fit retenir la loi de Moïse, qu'il interprétait à sa mode ; mais il en faisait observer presque toute la police, tant civile que religieuse i ; de sorte que le Pentateuque demeura toujours en vénération dans les tribus séparées.
Ainsi fut élevé le royaume d'Israël contre le royaume de Juda. Dans celui d'Israël triomphèrent l'impiété et l'idolâtrie. La religion, souvent obscurcie dans celui de Juda, ne laissa pas de s'y conserver. En ces temps , les rois d'Egypte étaient puissants. Les quatre royaumes avaient été réunis sous celui de Thèbes. On croit que Sésostris, ce fameux conquérant des Égyptiens, est le Sésac roi d'Egypte, dont Dieu se servit pour châtier l'impiété de Roboam (3035 — 971). Dans le règne d'Abiam fils de Roboam, on voit la fameuse victoire que la piété de ce prince lui obtint sur les tribus schismatiques (3087 — 917). Son fils Asa, dont la piété est louée dans l'Ecriture, y est marqué comme un homme qui songeait plus, dans ses maladies, au secours de la médecine, qu'à la bonté de Dieu. De son temps, Amri roi d'Israël bâtit Samarie (3080 — 924), où il établit le siège de son royaume. Ce temps est suivi du règne admirable de Josaphat, où fleurissent la piété, la justice, la navigation et l'art militaire (3090 — 914). Pendant qu'il faisait voir au royaume de Juda un autre David, Achab et sa femme Jézabel, qui régnaient en Israël, joignaient à l'idolâtrie de Jéroboam toutes les impiétés des Gentils. Ils périrent tous deux misérablement (3 105 — 899). Dieu, qui avait supporté leurs idolâtries, résolut de venger sur eux le sang de Naboth qu'ils avaient fait mourir, parce qu'il avait refusé, comme l'ordonnait la loi de Moïse, de leur vendre à perpétuité l'héritage de ses pères. Leur sentence leur fut prononcée par la bouche du prophète Élie. Achab fut tué quelque temps après, malgré les précautions qu'il prenait pour se sauver (3107 — 897). Il faut placer vers ce temps la fondation de Carthage (3112 — 892), que Didon, venue de Tyr, bâtit en un lieu où, à l'exemple de Tyr, elle pouvait trafiquer avec avantage, et aspirer à l'empire de la mer. Il est malaisé de marquer le temps où elle s.e forma en république ; mais le mélange des Tyriens et