‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 156 sur 229 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MAXIME»

Désespéré, confus, Et digne, s'il se peut, d'un plus cruel refus, Que résous-tu, Maxime? et quel est le supplice Que ta vertu prépare à ton vain artifice? Aucune illusion ne te doit plus flatter, Emilie en mourant va tout faire éclater. Sur un même échafaud- la perte de sa vie Étalera sa gloire et ton ignominie, Et sa mort va laisser à la postérité L'infâme souvenir de ta déloyauté.

Un même jour t'a vu, par une fausse adresse^, Trahir ton souverain, ton ami, ta maîtresse. Sans que de tant de droits en un jour violés. Sans que de deux amants au tyran immolés. Il te reste aucun fruit que la honte et la rage Qu'un remords inutile allume en ton courage.

1 Autant le spectateur s'est prête au monologue important d'Auguste, qui est un personnage respectable , autant il se refuse au monologue de Maxime, qui excite l'indignation et le mépris. (Volt.)

2 II n'y avait point d'échafauds chez les Romains pour les criminels. (Volt.) ^Fausse adresse est trop faible, et Maxime n'a point été adroit. (Volt.)

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