‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 30 sur 229 · SCÈNE I D. RODRIGUE, ELVIRE · texte numérisé non relu

SCÈNE I D. RODRIGUE, ELVIRE

ELYIRE.

Rodrigue, qu'as- tu fait? Où viens- tu, misérable'?

D, RODRIGUE

Suivre le triste cours de mon sort déplorable.

ELVIRE

Où prends -tu cette audace et ce nouvel orgueil De paroître en ces lieux que tu remplis de deuil'? Quoi! viens- tu jusqu'ici braver l'ombre du comte '! Ne l'as -tu pas tué?

D. RODRIGUE

Sa vie était ma bonté ; Mon honneur de ma main a voulu cet effort.

ELVIRE

Mais chercher ton asile en la maison du mort ' ? Jamais un meurtrier en fit- il son refuge?

D. RODRIGUE

Et je n'y viens aussi que m'offrir à mon juge.

Ne me regarde plus d'un visage étonné ;

Je cherche le trépas après l'avoir donné.

Mon juge est mon amour, mon juge est ma Chimène;

' Cette faute, tant reprochée à Corneille, d'avoir violé l'unité du lieu pour violer les lois de la bienséance, et d'avoir fait aller Rodrigue dans la maison même de Chimène , (ju'il pouvait si aisément rencontrer au palais; cette faute, dis-je, est de l'auteur espagnol. Quelque répugnance qu'on ait à voir Rodrigue chez Chimène, on ouijJie presque où il est; on n'est occupé que de la situation. Le mal est qu'il ne parle qu'a une confidente. (Volt.)

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