SCÈNE I D. RODRIGUE, ELVIRE
ELYIRE.
Rodrigue, qu'as- tu fait? Où viens- tu, misérable'?
D, RODRIGUE
Suivre le triste cours de mon sort déplorable.
ELVIRE
Où prends -tu cette audace et ce nouvel orgueil De paroître en ces lieux que tu remplis de deuil'? Quoi! viens- tu jusqu'ici braver l'ombre du comte '! Ne l'as -tu pas tué?
D. RODRIGUE
Sa vie était ma bonté ; Mon honneur de ma main a voulu cet effort.
ELVIRE
Mais chercher ton asile en la maison du mort ' ? Jamais un meurtrier en fit- il son refuge?
D. RODRIGUE
Et je n'y viens aussi que m'offrir à mon juge.
Ne me regarde plus d'un visage étonné ;
Je cherche le trépas après l'avoir donné.
Mon juge est mon amour, mon juge est ma Chimène;
' Cette faute, tant reprochée à Corneille, d'avoir violé l'unité du lieu pour violer les lois de la bienséance, et d'avoir fait aller Rodrigue dans la maison même de Chimène , (ju'il pouvait si aisément rencontrer au palais; cette faute, dis-je, est de l'auteur espagnol. Quelque répugnance qu'on ait à voir Rodrigue chez Chimène, on ouijJie presque où il est; on n'est occupé que de la situation. Le mal est qu'il ne parle qu'a une confidente. (Volt.)