‹ Chefs-d'uvre de P. CorneilleChapitre 43 sur 229 · L'INFANTE, CHIMÈNE, LÉONOR, ELVIRE · texte numérisé non relu

L'INFANTE, CHIMÈNE, LÉONOR, ELVIRE

l'infante'.

Je ne viens pas ici consoler tes douleurs ; Je viens plutôt mêler mes soupirs à tes pleurs.

CHIMÈNE

Prenez bien plutôt part à la commune joie,

Et goûtez le bonheur que le Ciel vous envoie,

Madame : autre que moi n'a droit de soupirer.

Le péril dont Rodrigue a su vous retirer,

Et le salut public que vous rendent ses armes,

A moi seule aujourd'hui permet encor les larmes.

Il a sauvé la ville, il a sauvé son roi ,

Et son bras valeureux n'est funeste qu'à moi-.

l'infante.

Ma Chimène , il est vrai qu'il a fait des merveilles,

CHIMÈNE

Déjà ce bruit fâcheux a frappé mes oreilles ; Et je l'entends partout publier hautement Aussi brave guerrier que malheureux amant.

l'infante.

Qu'a de fâcheux pour toi ce discours populaire? Ce jeune Mars qu'on loue a su jadis te plaire ; Il possédoit ton âme, il vivoit sous tes lois ; Et vanter sa valeur c'est honorer ton choix.

CHIMÈNE

Chacun peut la vanter avec quelque justice ;

Mais pour moi sa louange est un nouveau supplice.

On aigrit ma douleur en l'élevant si haut :

i Pour toutes ces scènes de l'Infante, on convient unanimement de leur nul lité; et celle ci est d'autant plus superflue, que Chimene y répète avec faiblesse ce qu'elle vient de dire avec force à sa conlidente. (Volt.'

* Cette idée revient i)our la troisième fois.

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