‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 20 sur 153 · SCÈNE L— CWB RVB DB ROBfB · texte numérisé non relu

SCÈNE L— CWB RVB DB ROBfB

Flatifs, Maeullus. Foule de Citoyem des boues classes»

Flav. — Hors d'ici I au logi», pwreflMiiK. que von» éles l regagnez vos maisons I Est-ce ai^ourd'hui féie? Qaoi l ne savez-vous pas qa'étant artisans» tous ne devez pas courir les rues un jour ouvrable, sans les marques de totre profjBssion?— Parle» toi : quel est ton métierT

Prem. cit. — Moi , mofuneur, charpentier*

Jfar. — Où est ton tablier de cuir et ta règle? que fais- tu ici dans tes plus beaux habits? YouSi que! est yotre métier?

Deux. eit.^En vérité , monsieur, par comparaison avec an habile oavrier» je ne suis, somme vons le diriei^ qu'un savetier.

Mar. — Quel est ton métier? — Réponds-moi immédiatement.

Deux. eU. — Un métier, monsieur, que je puis faire en toute sûreté de conscience; un rsyccommodeur de mauvaises semelles (i).

Mar. — - Quel méiiert maranë» «Nwvai» drdle , qnet métier t

164 JULILS CESAR. Agt I.

2 Cit. Nay» I beseech you. Sir» be not out with me : yet» if you be oui. Sir, I can mend yoo.

Mar, What meanest tboo by tbat? Mend me, thoa saucy fellowT

2 Cit. Why, Sir, cobble yoa.

Flav. Thoa art a cobler, art thoa?

2 Cit. Troly, Sir, ail that I lire by is, with the awl : I meddle

with no tradesman's matters, bat with awl. I am, indeed.

Sir, a sargeon to old shoes; when they are in great danger, I recover them. As proper men as ever trod apon neatsleather, hâve gone apon my handy-work.

Flav. But wherefore art not in thy shop to-day ? Why dost thou lead thèse men about the streets?

2 Cit. Truly, Sir, to wear out their shoes, to get myself into more work. But, indeed. Sir, we make holiday to see Gesar, and to rejoice in his triumph.

Mar. Wherefore rejoice? What conquest brings he home ? What tributaries follow him to Rome,. To grâce in captive bonds his chariot wheels? You blocks, you stones, you worse than senseless things 7 0 you hard hearts, you cruel men of Rome, Knew you not Pompey? Many a time and oft Hâve you cUmb'd up to walls and batilements, To towers and Windows, yea, to chimney-top», Your infants in your arms, and tfaere bave sat The live-iong day, with patient expectation, To see great Pompey pass the streets of-Rome : And when you saw his chariot but appear, Hâve you not made an universat shout, That Tyber trembled Underneath her baiiks To hear the replication of your sounds, Made in her concave shores 7 v

And do you now put on your best attire ? And do you now cull out a holiday î And do you now strew flowers in his way, That cornes in triumph over Pompey's blood 7 Be gone I

Run to your bouses, fall upon your knees, Pray to the gods to intermit the plague Tbat needs must light on this ingratitude.

SCÈKK l. JULES CÊSAK. 165

Deux. cit. — Je yoas en prie^ monsieur, ne soyez pas hors do Tous-méme avec moi (i). Si vous étiez hors d'une certaine chose, je pourrais vous raccommoder.

Jfar. — Qu'entends-tu par là, me raccommoder, insolent ?

DetiX. cit. — Oui» monsieur, raccommoder votre chaussure.

Mar. —Tu es donc savetier ; l'es-tu?

Deux. eu. — Vraiment, monsieur, tout ce qui me fait vivre,

c'est mon alêne : je ne participe aux affaires de commerce

qu'avec mon alène(3)« Je suii^en vérité chirurgien de vieux souliers; quand ils sont dangereusement blessés, je les guéris (4); et bien des gens , des plus qualifiés qui aient jamais mis sous leurs pieds cuir de bœuf, ont cheminé sur Tœuvre de ma main (5).

Flav. — Mais pourquoi n'es-tu pas dans ta boutique aujourd'hui? pourquoi mènes-tu tout ce monde courir dans les rues?

Deux, cit. — C'est, monsieur, pour leur faire user leurs souliers et me procurer de Touvrage ; mais, à parler sérieusement, nous chômons cette journée pour voir César, et en réjouissance de son triomphe.

Mar. — Vous réjouir! Quelles sont ses conquêtes? quels sont les peuples tributaires qui le suivent à Rome 7 quels captifs honorent son char de triomphe? Télés plus dures que la pierre , insensés, cœurs endurcis, sans souvenir, sans amour de Rome 1 n'avez-vous pas connu Pompée ? Combien de fois ne vous a-t'On pas vos dans les places publiques, sur les murs, sur les toits, jusque sur le faite des cheminées, tenant vos enfants dans vos bras, attendre avec patience des jours entiers pour voir le grand Pompée traverser les rues de Rome, et, à la seule vue de son char, pousser de telles acclamations, que le Tibre en tremblait au fond de ses eaux et de ses rives caverneuses I Et que faites-vous aujourd'hui ? Vous prenez vos plus beaux vêtements, et vous faites de ce jour un jour de fête; vous jetez des fleurs devant les pas de celui qui s'avance triomphant du sang de Pompée (6)1 Fuyez I courez à vos maisons ! tombez à genoux I priez les dieux de suspendre le terrible châliment d'une telle ingratitude t

166 JCLÏUS CESAR. ACT I.

Flav, Go, go^ good counlrymeoy and, for this fouit. Assemble ail the poor menof your sort; Draw them to Tyber banks, and weep yoor tears Into the channely till the lowest stream Do kiss the most ezaited shores of ail. (Sammi Citizbhs.) See, whe'r theîr basest métal be not moy'd ; They vanish tongne-tied in theîr guiltiness. Go you down that way towardi the Capitol ; This way will I : Disrobe the images, If you do find them deck'd with cérémonies.

Mar. May we do so 7 Ton know it is the feast of Lupercal.

Flav. It is no matter ; let no images Be hung with Cesar's trophies. l'U about, And drive away the vulgar from the streets : So do you too where you perçoive them thick. Thèse growing feathers pluck'd from Cesar's wiiig, Will make him fly an ordinary pitch :

Who else would soar above the view of men. And keep us ail in servile fearfulness, (Exeunt*)

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