SCÈNE III. — RoHB. ^Unb Rue près du Gapitolb
Artbmidobus €tUre, lisant un papier.
a César, défie-toi dé Brutus; prends garde à Cassias; ne B t'approche pas de Casca; aie l'œil sur Cinna; ne te fie point D à Trebonius; observe bien Metellus Cimber; Decius Brutus B ne t'aime point y tu as offensé Calus Ligarius. Un même esprit » anime tous ces hommes, et il est tendu contre César. Si tu D n'es pas immortel, veille autour de toi I la sécurité ouvre la » voie à la conspiration. Que les puissants dieux te défendent.
» Tan ami, ÀBTBiiiDOHns. »
Je veux attendre ici que César passe : alors je lui présenterai cet écrit comme une supplique. Mon cœur déplore que la vertu ne puisse vivre à l'abri des dents de l'envie. Si tu lis ceci , 6 César, tu peux vivre ; sinon , les destins conspirent avec les traîtres. (Il sort,)
SCÈNE IV. — Rome. — Une autre Partie de la même Rue devant la Maison de Brutus.
PoRCTA et LuGius entrent.
Par. — Je t'en prie, mon garçon, cours au palais du sénat. Ne t'arrête point à me répondre ; mais pars sur-le-champ. Pourquoi t*arrétes-tu?
Lue, — Pour savoir mon message, madame.
Par. ~ Je voudrais que tu fusses allé et revenu, avant que je pusse te dire ce que tu as à faire. O constance y sois ferme à mon côté I place une énorme montagne entre mon cœur et ma langue! J'ai l'àme d'un homme; mais je n'ai que la force d'une femme. Oh I qu'il est difficile aux femmes de céder aux conseils de la prudence I Es-tu encore ici?
Lue. ^ Madame, que dois-je faire? courir au Capitole, et rien de plus Y après cela revenir, et rien de plus?
Por, — Oui, mon garçon; reviens me dire si ton mattre a l'air bien portant, car il est sorti malade ; et remarque bien ce que fait César; quels sont^lcs suppliants qui se pressent autour de lui. Écoute, Lucius, quel bruit est-ce là?
222 JUUUS CESAR. ,AGir U.
Lue. Ihear iione,jQadaia.
Por, Pr'ytliee, listen well; I heard a busliliiig romour like a fray. And the wind brings ît from the Capitol.
Imc» Sootb, madam, I hear nothing.
Pot. Corne fcîther, fèllow:
Whidi way hast fhou been?
Swih, Ai mine own house, good lady.
Pot. What is't o'clockî
Sêoth* AboDt the nînth hour, lady.
Por. Is César yet gone to the Capitol?
Sooth, Madam, not yet ; I go to take my stand, To see him pass on to the Capitol.
Por. Thou hast some suit to César, hast thou not?
Sooih. That I hâve, lady : if it m\\ please César To be so good to César, as to hear me, I shall beseech him to befriend himself.
Por. Why, knowest thoû any harm's intended towards him ?
Sooth. None that I know w ill be, much that I fear may chance. Good-morrow to you. Herc the Street is narrow ; The throng that follows César at the heels, Of senators, of prsetors, eommon suitors, Will crowd a feeble man almost to death : m get me to a place more void, and there Speak to great César as he cornes along. {ExU,)
Por. I must go in. — Ah me I how weak a thing The heart of "wornan îsl O Brutusl The heavens speed thee in thine eriterprise I Sore, the boy heard me :— Brutus hath a suit, That César will not grant.— Ohl I grow faint :— Run, Lucius, and commend me to my lord ; Say, I am merry : come to me again, And bring me word what he doth «ay to thee. .{fEàeutU.}
Sciim IV. JULES CfiSAR. 93»
Lue. — Je n'entends rien, madame.
Par. — Je t'en prie, écoute bien ; j'ai entendu une rumeur tumultueuse comme d'une émeute ; le vent rapporte du Capitole.
Lue. — En vérité, rnsdame, jen^entends rien.
Le Devin enire.
Par. — Approche, mon ami; de quel côté viens- tu? . Le dedn* — De ma^maiaon, ma bonofl dame. . .
P^: — Qaelle heoce est41 ?
Le denùu — Environ neuf heures^ madame.
Por. — César est-il déjà allé au Capitule ?
Le deodi* ^ Pas encore, madame ; J^ voit prepdre mar j^aee {Éoor le voir quAnd il passera pour s'y rendre..
Par. — Tu as quelque supplique à présentiM'^à C4hip» n'eslrce pas?
Le devin. — - J'en ai une en effet, madame. Sfil pitlti César de vouloir assez de bien à César pour m* entendre, je le conjurerai de se traiter lui-même en ami.
Par. — Quoi I as-tu appris qu'on voulût lui faire quelque mal?
Le devin. — Aucun dont j'aie la certitude, beaucoup dont je crains la possibilité. Bonjour, madame. La rue est étroite ici : la foule de sénateurs, de préteurs, de suppliants de la classe commune, qui suivent les pas de César, pourrait ici pressev un homme faible comme moi jusqu'à l'étouffer. Je veux gagner un endroit plus large, et de là parler au grand César au moment de son passage. (Il sorl.)
Par. — Il faut que je rentre. Ahl que je souffre! quelle faible chose c'est que le cœur d*nne femme ! 0 Bmtus, que les cKeux te secondent dans ton entreprise ! — Sûrement, ce garçon m^aura entendue.— Brutus a une requête que César n'accordera pas. Ohf je me sens défaillirl Cours, Lucius, parie de mol à mon mari, dis-lui que je suis joyeuse; puis reviens ici , et me rapporte ce qu'il t'aura dit. ' {Ils sarient»)