Scène IT. LA TEMPÊTE
Le$ Mat9UH$ mouiilés entrent.
Les Mat."- Plus d*espoîr. A la prière I & la prière! tout est perdu. • (Ils sortent.)
Le Boss, — Quoil nos bouchekseront-éîîéS glacées?
6on. — Le roi et le prince sont en prières 1 joignons-nous à eux , car leur sort est le nôtre.
Séb. — Ma patience est à bout.
ilnl.— Nous périssons par la traiûaon de ces ivrognes. Ce bandit à la vaste mâchoire > je Tondrais le voir luttant dans les angoisses de la mort pendant le flux de dix marées.
Gon. — Il n'en sera pas moins pendu ^ quoique chaque vague jure le contraire et entr'ouvre sa gueule béante pour Tengloutir. {Bruit eonfui au dedans du navire.) — 0 ciell prends pitié de nous I Nous périssons t nous périssons I Adieu, ma femme et mes enfants. Mon frère , adieu. Nous périssons , nous abîmons, nous sommes engloutis.
Ant. -— Allons mourir auprès du roi. {Il sorl.)
Séb. — Allons lui faire nos adieux. {Il sort.)
ffon.— Je donnerais de bon coeur en ce moment mille arpents de mer pour un arpent de terre stérile ,^ landes ou fougères, n'importe. Que les décrets d'en haut soient accomplis; mais combien j'aurais^mieux aimé mourir à sec ! (Il sort.)
SCËNE II.— Unb partie db l'Ilb detautla Gaottb
SE PkOSJPBKO.
Prospseo et MiiUNDA entrent.
Mir. — Si par votre art, mon père bien-aimé, vous avez pu faire soulever ainsi les eaux en furie, apaisez -les. On dirait que les nues seraient prêtes à verser de la poix enflammée, si la mer s' élançant bondissante jusqu'au ciel n'allait en éteindre les feux. Obi que j'ai souffert avec ceux que je voyais souffrir I un beau vaisseau qui portait sans doute de nobles créatures, brisé tout en pièces I Oh I leur cri a retenti jusqu'au fond de mon cœur. Pauvres gensi ils ont péri. Ah ^ si j'avais été quelque dieu puissant, j'aurais voulu précipiter la mer dans les abîmes sans fond, avant qu'elle eût ainsi englouti ce superbe navire et tous les malheureux passagers qu'il renfermait.