‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 156 sur 210 · LE SOIR DE LA VIE · texte numérisé non relu

LE SOIR DE LA VIE

Le soleil du matin brillait d'un vif éclat ; je vis de la plage une barque légère se balancer mollement sur les eaux. Je revins, quand le soleil pâlissant s'éloignait de la rive; la barque était encore là, mais les vagues s'étaient enfuies.

Ali ! tel est le sort des premières promesses de la vie. Les flots passagers de la joie nous soutiennent un instant et puis nous abandonnent. Chaque vague qui, le matin, nous portait sur sa crête brillante, se retire quand vient le soir, nous laissant seuls sur le rivage désert.

Ne me parlez jamais de l'éclat doux et serein qui orne le déclin de nos jours, du calme de la nuit. Rendez-moi, rendez-moi la vive fraîcheur du matin! ses nuages et ses pleurs valent mieux que la plus belle lumière du soir.

Oh ! qui n'accueillerait le retour de ce temps où la passion éveilla une nouvelle vie dans tout notre être, où l'âme, semblable au bois qui devient précieux en brûlant, exhala tous ses parfums dans les feux délicieux de l'amour !

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