‹ Chefs-d'uvre poétiques de Thomas MooreChapitre 64 sur 210 · II · texte numérisé non relu

II

» Emplissez la coupe étincelante, préparez le somptueux festin ; dépouillé de sa couronne, il peut encore prendre sa part du banquet; mais, près du fauteuil royal, la Soif cruelle et la Faim sourient d'un air menaçant et funeste au convive abusé (2). Entendez-vous le fracas des batailles? lance contre lance, coursier contre coursier. Pendant de longues années la Fatalité prolonge le carnage et lui ouvre un chemin à travers des escadrons de frères qui s'égorgent. 0 vous, tours de César, éternel opprobre de Londres , et souillées de tant de meurtres nocturnes et exécrables ; ah! au nom de la fidélité de son épouse, au nom de la gloire de son père, épargnez la tête sacrée de l'inoffensif usurpateur (3). Au-dessus, au-dessous, partout, nous semons la rose de neige entrelacée à la rose de pourpre, son ennemie, et le sanglier hérissé (4) se vautre dans le sang de l'enfance à l'ombre de son buisson épineux. — Maintenant, mes frères, inclinons-nous sur ce tissu maudit, imprimons -y profondément notre vengeance , et confirmons son arrêt.

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