SCENE I
CLÉOPATRE
JiizrFxir, grâces aux dieux, j'ai moins d'un ennemi : La mort de Séleucus m'a vengée à demi ; Son ombre, en attendant Rodogune et son frère, Peut déjà de ma part les promettre à son père ; Ils le suivront de près, et j*ai tout préparé Pour réunir bientôt ce que j'ai séparé.
O toi , qui n'attends plus que la cérémonie Pour jeter à mes pieds ma rivale punie.
Et par qui deux amants vont d'un seul coup du sort Recevoir l'hyménée, et le trône, et la mort; Poison, me sauras-tu rendre mon diadème?
Jje fer m'a bien servie, en feras-tu de même ?
Me seraft-tu fidèle? Et toi , que me veux-tu , Ridicule retour d*uue sotte vertu, Tendresse dangereuse autant comme importune?
Je ne veux point pour fils Tépoux de Rod^^june, Et ne vois plus en lui les restes de mon sang , S'il m'arrache du trône, et la met en mon rang.
Reste du sang ingrat d'un époux infidèle.
Héritier d'une flamme envers moi criminelle, Aime mon ennemie , et péris comme lui.
Pour la faire tomber j'abattrai son appui:
Aussi-bien sous mes pas c'est creuser un abyme, Que retenir ma main sur la moitié du crime; Et, te faisant mon roi, c*est trop me négliger, Que te laisser sar moi père et frère à venger. Qui se venge à demi court lui-même à sa peine: Il faut ou condamner ou couronner sa baine.
Dût le people en fareur pour ses maîtres nouveaux De mon sang odieux arroser leurs tombeaux, Dût le Parthe vengeur me trouver sans déftnse , Dût le ciel égaler le supplice i Tofiiense, Trône, à t'abandamer je ne puis oomcMtir :
Par un oonp de tonnerre il vaut mieux en sortir, Il vaut mieux mériter le sort le jAnê étrange. Tombe sur inoî le ciel, pourvu cpie je me v«age! J'en recevrai le coup d'un visage remit :