CI.EOPA.TaK
J K l^ahne ; mais l'éclat d*une si belle flamme. Quelque brillant qu'il soit , n'éblouit point mon aroe ; Et toujours ma vertu retrace dans mou cœur Ce qu'il doit au vaincu, brûlant pour le vainqueur. Aussi qui Tose aimer porte une ame trop haute Pour souffrir seulement le soupçon d'une foule; Et je le tr^iterois avec indignité.
Si j'aspirois à lui par une lâcheté.
CHARMIOZr.
Quoi! vous aimez César! et, si vous étiez crue, Ll^pte pour Pompée armeroit à sa vue,
aa POMPÉE.
En prendroit la défense, et par un prompt secours Du destin de Pharsale arrêteroit le cours !
L'amour certes sur vous a bien peu de puissance !
CliÉOPATRE.
Les princes ont cela de leur haute naissance :
Leur ame dans leur sang prend des impressions
Qui dessous leur vertu rangent leurs passions.
Leur générosité soumet tout à leur gloire :
Tout est illustre eii eux, quand ils daignent se croire;
Et si le peuple y voit quelques dérèglements,
C'est quand l'avis d'autrui corrompt leurs sentiments.
Ce malheur de Pompée achève la ruine;
Le roi l'eût secouru, mais Photin l'assassine :
Il croit cette ame basse , et se montre sans foi ;
Mais, s'il croyoit la sienne, il agiroit en roi.
CHARMION
Ainsi donc de César l'amante et l'ennemie...
CLÉOPJLTRE.
Je lui garde ma flamme exempte d'infamie, Un cœur digne de lui.
CHjLRMlOn'.
Vous possédez le sien ?
CLÉOPATRE
Je crois le posséder.