‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 137 sur 201 · SCÈNE IL PHOCAS, PULCHÉRIE, CRISPE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL PHOCAS, PULCHÉRIE, CRISPE

Enfin, madame, il est temps de vous rendre:

Le besoin de l'état défend de plus attendre; Il lui faut des Césars; et je me suis promis

2aa HÉRAGLIUS.

D'en voir naître bientôt de vous et de mon ûls. Ce n'est pas exiger grande reoonnoissance Des soins cpie mes bontés ont pris de votre enfance , De vouloir qu*aujourd*bui, pour prix de mes bienfaits. Vous daigniez accepter les dons que je vous fais. Ils ne font point de honte au rang le plus sublime; Ma couronne et mon fils valent bien quelque estime. Je vous les offre encore après tant de refus. Mais apprenez aussi que je n*en souffre plus ; Que de force ou de gré je me veux satisfaire ; Qu'il me faut craindre en maître, ou me chérir en père; Et que, si votre orgueil s'obstine à me haïr, Qui ne peut être aimé se peut faire obéir.

PULCHÉRIE

J'ai rendu jusqu'ici cette reconnoissance A ces soins tant vantés d'élever mon enfance , Que , tant qu'on m'a laissée en quelque liberté , J'ai voulu me défendre avec civilité ; Mais, puisqu'on use enfin d'un pouvoir tyrannique. Je vois bien qu'à mon tour il faut que je m'explique , Que je me montre entière à l'injuste fureur, Et parle à mon tyran en fille d'empereur.

Il falloit me cacher avec quelque artifice Que j'étois Pulchérie, et fille de Maurice, Si tu faisois dessein de m'éblouir les yeux

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