‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 19 sur 201 · ACTE II, SCENE IL 3r · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IL 3r

Pour lui rendre, s*il peut, ce qu'aux morts on doit

rendre, Dans quelque urne chétive en ramasser la cendre. Et d'un peu de poussière élever un tombeau A celui qui du monde eut le sort le plus beau. Mais comme vers l'Afrique on poursuit Comélie, On voit d'ailleurs César veuir de Thessalie : Une flotte paroit, qu'on a peine à compter...

CLÉOPATaE.

C'est lui-même , Achorée , il n'eu faut point douter : Tremblez, tremblez , mécbants, voici venir la foudre; Cléopatre a de quoi vous mettre tous en poudre : César vient , elle est reine, et Pompée est vengé ; La tyrannie est bas , et le sort a changé.

Admirons cependant le destin des grands hommes, Plaignons-les, et par eux jugeons ce que nous sommes. Ce prince d'un sénat mailre de l'univers.

Dont le bonheur sembloit au-dessus du revers. Lui que sa Rome a vu, plus craint que le tonnerre. Triompher en trois fois des trois parts de la terre, Et qui voyoit encore en ces derniers hasards L'un et l'autre consul suivre ses étendards; Sitôt que d'un malheur sa fortune est suivie , Les monstres de l'Egypte ordonnent de sa vie: On voit un Achillas, un Septime, un Photiu,

Ari>itre8 souverains d'an si noble destin; Un roi qui, de ses mains, a reçu la couronne A ces p^tes de cour lâchement l'abandonne.

Ainsi finit Pompée : et peut-être qu'un jour César éprouvera même sort à son tour :

Rendez l'augure faux , dieux, qui voyez mes larmes^ Et secondez par-tout et mes v(eux et ses armes !

CHJk&MIOir.

Madame, le roi vient, qui poiura vous ouir.

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