ACTE III, SCÈNE I
Et de cette douceur son esprit combattu Avec un peu d*effort rassuroit sa vertu.
S*il aime sa grandeur, il hait la perfidie; H se juge en autrui, se tâte, s'étudie.
Examine en secret sa joie et ses douleurs.
Les balance, choisit , laisse couler des pleurs ; Et, forçant sa vertu d*è(re encor la maîtresse. Se montre généreux par un trait de foiblesse. • Ensuite il fait ôter ce présent de ses yeux , Lève les mains ensemble et les regards aux cieux, Lâche deux ou trois mots contre cette insolence; Puis tout triste et pensif il s'obstine au silence. Et, même à ses Romains ne daigne repartir Que d'un regard farouche et d'un profond soupir. Enfin ayant pris terre avec trente cohortes, Il se saisit du port, il se saisit de& portes. Met des gardes par-tout et des ordres secrets , Fait voir sa défiance ainsi que ses regrets.
Parle d'Egypte en maître, et de son adversaire Non plus comme ennemi, mais comme son beau-père. Voilà ce que j'ai vu.
CHARMIOn.
Voilà ce qn'attendoit , Ce qu'au juste Osiris la reine demandoit.
Je vais bien la ravir avec cette nouvelle :
Tous , contiuuez'lui ce service fidèle.
ACHOaSB.
Qu'elle n'en doute point Mais César vient. Allez, Peiguez-Iui bien nos gens pâles et désolés ; Et moi , soit que l'issue en soit douce ou funeste, J'irai l'entretenir quand j'aurai vu le reste.