‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 38 sur 201 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

PTOLOMÉE, ACHILLAS, PHOTINl

PTOLOMÉE

Odoi l de la même main et de la même épée Dont il vient d'immoler le malheureux Pompée, Septime , par César indignement chassé , Dans un tel désespoir à vos yeux a passé ?

ACHXI.LAS.

Oui , seigneur; et sa mort a de quoi vous apprendre La honte qu'il prévient et qu'il vous faut attendre. Jugez quel est César à ce courroux si lent :

Un moment pousse et rompt un transport violent; Mais rindignation, qu'on prend avec étude ,

Augmente avec le temps, et porte un coup plus rude. Ainsi n espérez pas de le voir modéré :

Par adresse il se fâche après s'être assuré.

Sa puissance établie, il a soin de sa gloire; Il poursuivoit Pompéie , et chérit sa mémoire. Et veut tirer à soi , par un courroux accort , . L'honneur de sa vengeance et le fruit de sa mort.

PTOLOMÉE

Ah ! si je t'a vois cru , je n'aurois pas de maître; Je serois dans le trône où le ciel m*a fait naître : Mais c'est une imprudence assez commune aux rois D'écouter trop d'avis et se tromper au choix. Le destin les aveugle au bord du précipice; Ou si quelque lumière en leur ame se glisse, Cette fausse clarté, dont il les éblouit, Les plonge dans un gouffre , et puis s'évanouit.

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