‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 6 sur 201 · ACTE I, SCÈNE I. fi · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. fi

Il faut le délivrer du péril et du crime , Assurer sa puissance et sauver son estime, Et du parti contraire en ce grand chef détruit, Prendre sur vous la honte , et lui laisser le fruit C'est là mon sentiment; ce doit être le vôtre: Par là vous gagnez Tun , et ne craignez plus Tautre. Mais , suivant d*Achillas le conseil hasardeux, Vous n'en gagnez aucun , et les perdez tous deux.

PTOI.OMSE.

N'examinons donc plus la justice des causes, Et cédons au torrent qui roule toutes choses. Je passe au plus de voix; et de mon sentiment Je veux bien avoir part à ce grand changement. Assez et trop long-temps Tarrogance de Rome A cru qu'être Romain c*étoit être plus qu'homme. Abattons sa superbe avec sa liberté; Dans le sang de Pompée éteignons sa fierté; Tranchons l'unique espoir où tant d'orgueil se fonde; Et donnons un tyran à ces tyrans du monde :

Secondons le destin qui les veut mettre aux fers; Et prêtons>lui la main pour venger l'univers. Rome, tu serviras; et ces rois que tu braves, Et que ton insolence ose traiter d'esclaves.

Adoreront César avec moins de douleur, Puisqu'il sera ton maitre aussi-bien que le leur.

la POMPÉE.

Allez donc, Achillas, allez avec Septime Nous immortaliser par cet illustre crime :

Qu'il plaise au ciel ou non, laissez-m*en le souci; Je crois qu'il veut sa mort, puisqu'il Famène ici.

ACHILI>AS.

Seigneur , je crois tout juste alors qu'un roi l'ordonne-

PTOLOMKE.

Allez, et hâtez-vous d'assurer ma couronne:

Et vous ressouvenez que je mets en vos mains Le destin de l'Egypte et celui des Romains.

Page 1