CÉSAR, CLÉOPATRE, ANTOINE, LÉPIDE, CHARMION
C1.É0PÀTRE.
Phitôt qii*à ces périls je vous paisse exposer. Seigneur, perdez en moi ce qui les peut causer; Sacrifiez ma vie au bonheur de la vôtre ; Le mien sera trop grand, et je n'en veux point d'autre. Indigne que je suis d'un César pour époux.
Que de vivre en votre ame, étant morte pour vous.
CÉSAR
Reine, ces vains projets sont le seul avantage Qu'un grand cœur impuissant a du ciel en partage : Comme il a peu de force , il a beaucoup de soins ; Et s'il pouvoit plus faire, il souhaiteroit moins.. Les dieux empêcheront l'effet de ces augures, Et, mes félicités n'en seront pas moins pures. Pourvu que votre amour gagne sur vos douleurs
Qu'en faveur de César vous tarissiez vos pleurs, Et que votre bonté, sensible à ma prière, Pour un fidèle amant oublie un mauvais frère. On aura pu vous dire avec quel déplaisir J*ai vu le désespoir qu'il a voulu choisir; Avec combien d'efforts j'ai voulu le défendre Des paniques terreurs qui Tavoient pu surprendre. Il s'est de mes bontés jusqu'au bout défeodu, Et de peur de se perdre il s'est enfin perdu. O honte pour César, qu'avec tant de puissance, Tant de soins de vous reodre entière obéissance, n n'ait pu toutefois, en ces événements, Obéir au premier de vos commandements !
Prenez-vous-en au ciel, dont les ordres sublimes Malgré tous nos efforts savent punir les crimes; Sa rigueur envers lui vous offre un sort plus doux. Puisque par cette mort l'Egypte est toute à vous.
OLÉOPATHE.
Je sais que j'en reçois un nouveau diadème.
Qu'on n'en peut acéuser que les dieux , et lui-même:
Mais comme il est, seigneur, de la fatalité
Que l'aigreur soit mêlée à la félicité,
Ne vous offensez pas si cet heur de vos armes.
Qui me rend tant de biens, me coûte un peu de larmes,
Et si , voyant sa mort due à sa trahison ,