I.AONICK
JliirFiif ce jour pompeux, cet heureux jour nous luit, Qui d'un trouble si long doit dissiper la nuit; Ce grand jour où l'hymen , étouffiint la yengeance, Entre le Parthe et nous remet Tintelligence, Affranchit sa princesse , et nous fait pour jamais Du motif de la guerre un lien de la paix; Ce grand jour est venu, mon frère, où notre reine. Cessant de plus tenir la couronne incertaine, Doit rompre aux yeux de tous son silence obstiné. De deux princes gémeaux nous déclarer Tainé :
io6 RODOGUNE.
Et Tafantage seul d'un moment de naissance , Dont elle a jysqu'ici caché la connoissance , Mettant au plus heureux le sceptre dans la main , Va faire Fun sujet, et Tautre souverain.
Mais n*admirez-TOus point que cette même reine Le donne pour époux à Tobjet de sa haine, Et n'en doit fieiire un roi qu'afin de couronner Celle que dans les fers elle aimoit à gêner?
Rodogune, par elle en esclave traitée, Par elle se va voir sur le trône montée, Puisque celui des deux qu'elle nommera roi Lui doit donner la main , et recevoir sa foi.
TIMAOiirE.
Pour le mieux admirer trouvez bon, je vous prie, Que j'apprenne de vous les troubles de Syrie. J'en ai vu les premiers, et me souviens encor Des malheureux succès du grand roi Nicanor, Quand des Parthes vaincus pressant l'adroite fuite Il tomba dans leurs fers au bout de sa poursuite.. Je n'ai pas oublié que cet événement Du perfide Tryphon fit le soulèvement.
Voyant le roi captif, la reine désolée, n crut pouvoir saisir la couronne ébranlée ; Et le sort favorable à son Uche attentat Mit d'abord sous ses lois la moitié de Vctat.