ACTE I, SCÈNE IL xog
Un seul mot anjourd*hiii, maître de ma fortune, M'ôte ou donne à jamais le sceptre et Rodogune, Et , de tous les mortels , ce secret révélé Me rend le plus content ou le plus désolé.
Je vois dans le hasard tous les biens que j*espère. Et ne puis être heureux sans le malheur d*un frère, Mais d'un frère si cher qu'uoe sainte amitié Fait sur moi de ses maux rejaillir la moitié. Donc pour moins hasarder j'aime mieux moins prétendre, • Et, pour rompre le coup quemon cœur n*ose attendre. Lui cédant de deux biens le plus brillant aux yeux, M*assurer de celui qui m'est plus précieux :
Heureux si , sans attendre un fâcheux droit d'aînesse , Pour un trône incertain j*en obtiens la princesse. Et puis, par ce partage, épargner les soupirs Qui naitroient de ma peine ou de ses déplaisirs !
Va le Toir de ma part, Timagène , et lui dire Que pour cette beauté je lui cède l'empire :
Mais porte-lui si haut la douceur de régner.
Qu'à cet éclat du trône il se laisse gagner; Qu'il s'en laisse éblouir jusqu'à ne pas connoitre A quel prix je consens de l'accepter pour maître.
iio &ODOGUNE.