‹ Chefs-d'œuvres de P. CorneilleChapitre 81 sur 201 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Montrons -Doas toutes deux, non plus comme sujettes, Mais telle que je suis, et telle que vous êtes. Le Parthe est éloigné , nous pouvons tout oser: Nous n'avons rien à craindre et rien à déguiser; Je hais, je règne encor. Laissons d'illustres marques En quittant, s'il le iaut, ce haut rang des monarques ^ Faisons-en avec gloire un départ éclatant, Et rendons-le funeste à celle qui l'attend.

C'est eucor, c'est encor cette même ennemie Qui cherchoit ses honneurs dedans mon infamie, Dont la haine à son tour croit me faire la loi , Et régner par mon ordre et sur vous et sur moi. Tu m'estimes bien lâche, imprudente rivale.

Si tu crois que mon cœur jusque-là se ravale. Qu'il soufire qu'un hymen, qu'on t'a promis en vain , Te mette ta vengeance et mon sceptre à la main. Yois jusqu'où m'emporta l'amour du diadème , Vois quel sang il me coûte ; et tremble pour toi-même: Tremble, te dis-je; et songe, en dépit du traité. Que, pour t'en faire un don, je l'ai trop acheté.

128 RODOOUNE.

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