‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 147 sur 377 · CLÉOPATRE, ANTIOCHUS^ RODOGUNE, ORONTE · texte numérisé non relu

CLÉOPATRE, ANTIOCHUS^ RODOGUNE, ORONTE

LAONIGE, TBOUPE DE PASTHBS ET DE STBIEHS. CLÊOPATEE.

Approchez, mes enfants; car Tamour maternelle. Madame, dans mou cœur, vous tient déjà pour telle ^ ; Et je crois que ce nom ne tous déplaira pan.

KODOGimE.

Je le chérirai même au delà du trépas.

Il m'est trop doux, madame ; et tout Pheur que j'espère,

Cest de vous obéir et respecter en mère.

CLÉOPATtE.

Aimez-moi seulement; vous allez être rois,

Et s'il faut du respect, c'est moi qui vous le dois.

t Ce vers est un peu trop do t^yte de hi comédie. II ne faut pas croire que ces petites négligences paissent diminuer en rien le grand intérêt de cette situation , la majesté du spectacle et la beaulé d« presque tout ce cinquième acte, coosiàéié e» lui même ^indépendam* ment des quatre premiers. 1V4 ,

« Il faut «n/o»/«. (V.)

S II semble, par la phrase, que ces différends soient de la suite. (Y.)

^ Quoi ! après avoir demandé, il y a deux heures, la tête de Rodogune, elle leur parle ^ amour materne fie! cela nVst-il pas trop outré! Rodogune ne peut-elfe pa» regarder ce mat comme une ironie! H n'y à pohit'de réconciliation formeSe, teidenr prIncessfesTie se soafrpoint ▼ues. (V.) *

aOO RODOGUNE.

ANTIOGHUS.

Ah ! si nous recevons la siiprème puissance, Ce n'est pas pour sortir de votre obéissance : Vous régnerez ici quand nous y régnerons. Et ce seront vos lois que nous y donnerons.

CLÉOPATRE

J*ose le croire ainsi : mais prenez votre place; Il est temps d'avancer ce qu'il faut que je fasse.

( Ici Antiochus s'assied dans un fauteuil , Rodogune à sa gauche, ta même rang, et Cléopâtre à sa droite, mais en rang inférieur, et qui marque quelque inégalité. Oronte s'assied aussi à la gauche de Rodogune, avec la même différence ; et Cléopâtre , cependant qu'ils prennent leurs places, parle à l'oreille de Laonice, qui s'en va quérir un coupe pleine de vin empoisonné. Après qu'elle est partie, Cléopâtre continue :

Peuples qui m'écoulez, Parthes et Syriens, Sujets du roi son frère, ou qui fûtes les miens. Voici de mes deux fils celui qu'un droit d'aînesse Élève dans le trône, et donne à la princesse* Je lui rends cet État que j'ai sauvé pour lui. Je cesse de régner; il commence aujourd'hui. Qu'on ne me traite plus ici de souveraine : Voici votre roi, peuple, et voilà votre reine. Vivez pour les servir, respectez- les tous deux. Aimez-les, et mourez, s'il est besoin, pour eux.

Oronte, vous voyez avec quelle franchise Je leur rends ce pouvoir dont je me suis démise : Prêtez les yeux au reste», et voyez les effets Suivre de point en point les traités de la paix.

(Laonice reyient avec une coupe à la main.) ORONTE.

Votre sincérité s'y fait assez paroltre. Madame; et j'en ferai récit au roi mon maître.

• CLÉOPÂTRE

Lliymen est maintenant notre plus cher souci.

1 Pourquoi dit-on prêter VoreilUy et que prêter les yeux n'est pas français 1 N'est-ce point qu'on peut s'empêcher à toute force d'enteiidre^ en dëtourhànt ailleurs son attention, et qu'on ne peut s'empêcher de voir, quand on aies yeux ouverts 1 (V.)

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