‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 172 sur 377 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

Léontine leur mère est propice à nos VtBux ;

Et quelque effort qu*on fasse à rompre ces beaux nœuds,

D'uu amour si parfait les chaînes sont si belles,

Que nos captivités doivent être étemelles.

PULCHÉRIE

Seigneur, vous connoissez ce cœur infortuné :

Léonce y peut beaucoup; vous me Tavez donné.

Et votre main illustre augmente lo mérite

Des vertus dont Téclat pour lui me sollicite;

Mais à d'autres pensers il me faut recourir :

Il n'est plus temps d'aimer alors qu'il faut mourir * ;

Et quand à ce départ une amc se prépare s...

HÉRACLIUS

Redoutez un peu moins les rigueurs d'un barbare : Pardonnez-moi ce mot; pour vous servir d'appui J'ai peine à reconnoltre encore un père en lui '. Résolu de périr pour vous sauver la vie. Je sens tous mes respects céder à cette envie;

blic se soit trompé à ce point : mais c*est que ces expressions firent une grande impression dans Quinaalt, qui ne parle jamais que d'amour, et qui en parle avec élégance ; elles en firent très peu dans les ouvrages de Corneille, dont les beautés mâles couvrent toutes ces petitesses trop fréquentes. Tous ces vers, d'ailleurs, sont du style de la comédie, et d'un style dur, rampant, incorrect. (V.)

1 Ce beau vers parait la condamnation de tout ce que vient de dire Héraclius, qui n'a parlé que de mariage : on s'attendait qu'il parlerait d'abord à Pulchérie du péril affreux où elle est, et dicatjam nune debentia dici. Aussi tous ces personnages ont beau parler d'amour, et de tyrans, et de mort, aucun d'eux ne touche : aucun n'inspire de terreur jusqu'ici : mais l'intrigue commence à attacher, et c'est beaucoup. Le principal mérite de cette pièce est dans l'embarras de cette intrigue, qui pique toujours la curiosité. (Y.)

S Ce mot départ est foible, et une ame aussi. Tâchez de ne jamais faire suivre un vers fort et bien frappé par un vers languissant qui rénerve. (V.

S Le lecteur doit ici se souvenir qu'Héraclius sait bien que Phocas n*est point son père, mais qu'il n'a point dit son secret à Pulchérie : cela cause peut-être un peu d'embarras, et c'est au lecteur à voir s'il aimerait mieux que Pulchérie fût instruite ou non. Mais il y a aujourd'hui beaucoup de lecteurs si rcbiités des mauvais vers, qu'ils ne se soucient point du tout de savoir qui est Martian, et qui est lieracliua^ et qu'i's s'intéressent fort peu à Pulchérie. (V.)

Page 1