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SCÈNE III

LÉONTINE, EUDOXE, un Page.

LÉONTINE

Ce n'est plus avec vous qu'il faut que je déguise; A ne vous rien cacher son amour m'autorise : Vous saurez les desseins de tout ce que j'ai fait », Et pourrez me servir à presser leur eflFet. Notre vrai Martian adore la princesse :

1 Voltaire, peu soigneux dans le choix des éditions qui ont servi de base à son commentaire, a lu ainsi ce vers :

Hais si je me dérobe au sang qai vous est dû ,

et l'a accompagné de cette note injurieuse : « Que veut dire ce vers ob- « scur! est-ce son sang! est-ce celui de Phocast comment aura-t-elle « perdu ce sang 1 Quelles expressions louches, fausses, inintelligibles ! « Il semble que Corneille ait, après ses succès, méprisé assez le pu- M blic pour ne jamais soigner son style, et pour croire que la postérité M loi passerait ses fautes innombrables, n

» Il lui parle de prendre ce qu'il lui doit rendre. <V.)

5 Faitea-^moi possesseur de ce que je dots vous rendre, quand vous pourrez le prendre. Tout cela est bien loin de la noblesse et de l'élégance que le style tragique demande. ( V.)

* N'appréhendez ni l'hymen ni la mort de tout son sort : on ne peut écrire plus barbarement. (V.)

5 Cela n'est pas français, il faut les raisons, ou apprenez mes des^ stinscl tout ce que J'ai /ail. (Y.)

!»2 HÉRACLIUS

Animons toutes deux Pâmant pour la maîtresse; Faisons que son amour nous venge de Phocasi, Et de son propre ils arme pour nous le bras. Si j'ai pris soin de lui, si je Tai laissé vivre, Si je perdis Léonce, et ne le fis pas suivre, Ce fut sur l'espoir seul qu'un jour, pour s'agrandir, A ma pleine vengeance il pourroH s'enhardir ; Je ne Tai conservé que pour ce parricide.

EDDOXE.

Ah, madame !

LÉONTINE

Ce mot déjà vous intimide!

C'est à de telles mains qu'il nous faut recourir ; Cest par là qu'un tyran est digne de périr ; Et le courroux du ciel, pour en purger la terre, Nous doit un parricide au refus du tonnerre.

» Il paraît que Léontine n'a pris aucune mesure : elle a une espérance vague qu'un jour Martian, se croyant Héraclius, pourra tuer son propre père Phocas ; mais elle n'est sûre de rien : elle se repaît de l'idée d'un parricide, à quoi Eudoxe s'oppose très raisonnablement. D'ailleurs Léontine n'a qu'un intérêt éloigné à toute cette intrigue.' Il n'est guère dans la nature qu'elle ait élevé Martian pour Uier un jour son père ; on ne médite pas un parricide de si loin. Aujourd'hui qu'il s'agit de faire régner Héraclius, il n'importe par quelles mains Phocas périsse. Un parricide n'est ici qu'uike horreur inutile : à peine est'^l question de ce parricide dans la pièce. La Fabltt a imaginé de telles atrocités dans la famille d'Âtrée ; mais ce sont les personnages de cette famille qui les commettent eux-mêmes, emportés par la fureur de leur ▼Migeance. QoaBd ils commettent «es parricides, quaad Atrée fait Manger à Tb3re8te ses propres enfants, c'est dans l'excès de l'emportement qalaspive «n outrage récent. Atrée me médite pas sa ▼eageasce ▼ingt SBS, cela serait froid et lidici^. Ici, c'est me govvemaaU d'enfants qui, sans aucun intérêt p^sonnel, « livré son prepro éAs i la mort, il y a vingt ans, dans l'espéraBee que Mutian , sobsttUié à ce fils, tuerait dass vingt ans sm père Phocas ; c^a «'est guère dans l'ordre des choses possibles. Remarquons surteut q«e les «ttoàlés font effet «u théâtro quand la passion les excuse, qwuid celm qui va tuer quelqu'un a des remords, quaad c^te situation produit de grands moa- TMnents. Cest ici tout le contraire. Il n'y a point 4c Incttnr qui ne fasse aisément toutes ces réflexions ; mais, a« «MAtre, le apecUtear, occupé de l'intrigue, s'attache peu à démêler ces délaatB, qui wnt sensibles à la lecture. (V.^

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