‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 271 sur 377 · SCÈNE Vl · texte numérisé non relu

SCÈNE Vl

mCOMÈDE, ATTALK.

ATTALS.

Puisque c'est la ehasser^ seigneur, je me reiife.

«iKore blea plus du r^sort de ki comédie, c'est cet AtUIe qui Tient n'uyaot rien à dire, et à qui La<jdice dit qu'il est importun. ( V.\

1 On ne dit point prmdre «» contre- temps i ei. quand on le dirait, il ne faudrait pa» se servir de ces tours trop familiers. (Y.)

> Est-ce le contre- temps qui appelle t i quoi &e rapportent qufil projet^ t^uel souci t quel mot que celui de souci en cette occasion! Elle conçoit mal ce qu*il/aut quel e p<?M«e; mais elle eti rompra le coup : est-ce le co- p de ce qu'elle pense 1 Rompre un coup» s'il yi/aut sa présente! Il n'y a pas là un vers qui ne soit obi»c<ir« faible. viciettx„ et qui ne pèche contre la langue. Elle, sort en disant,.jre vous q»ilte^ sans dire pourquoi elle quitte Nii-ottiède. Les personnages importants doivent toujours avoir une raison d^imtrcr et de soit'r; et, quand cette raison n'est pas assez déterminée, il faut qii*ils se gaxdent bitcnde dire, je sorSj de peur que le spectateur^ trop «vert! de la faute, ne dise : Pourquoi sortez- vous? (V.) — tlle en donne la laison; elle sort pour éviter Attale. iP.)

400 MCOMEDE.

NICOMBDE.

Noa, non; j'ai quelque chose aussi bicu à vous dire', Prince. J'avois mis lias, avec le nom d*atné, L'avantage du trône où je suis destiné; Et voulant seul ici détendre ce que j'aime. Je vous avois prié de l'attaquer de même. Et de ne mêler |)oint surtout dans vos desseins Ni le secours du roi, ni celui des Romains*, liais, ou vous n'avez point la mémoire fort lionne. Ou vous n'y mettez rien de ce qu'on vous ordonne 3.

ATTALE

Seigneur, vous me forcez à m'en souvenir mal, Quand vous n'achevez pas de rendre tout égal. Vous vous défaites bien de quelques droits d'aînesse; iMais vous défaites-vous du cœur de la princesse. De toutes les vertus qui vous en font aimer. Des hautes qualités qui savent tout cli..rmer, De trois sceptres coiuiuis, du gain de six batailles. Des glorieux assauts de plus de cent murailles^? Avec de tels ^conds rien n'est pour vous douteux.

1 Non-seulement dans une tragédie on ne doit point avoir aussi bien à dire quelque chose, mais il faut, autant qu'on peut, dire des chosen qui tiennent lieu d'action, qui noient l'intrigue, qui augmentent la terreur, qui mènent au but : une simple bravade, dont on peut se passer, n'est pas un sujet de scène. (V.)

* Ces deux ni avec point ne sont pas permis ; les étrangers y doivent prendre garde. Je n'ai point ni crainte ni espérance, c'est un barbarisme de phrase ; dites, fe n*ai ni crainte ni espérance. (V.)

8 Ces deux vers, ainsi que le dernier de celte scène, sont une ironio am^re qui peut-être avilit trop le caractère d'Attale, que Corneille cependant veut rendre intéressant. Il paraît é onnant que Nicomède mette de la grandeur d ame à injurier tout le monde, et qu'Âttale, qui est brave et généreux, et qui va bientôt en donner des preuves, ait la complaisance de le souffrir. Plus ou examine celte pièce, plus on trouve qu'il fallait l'intituler comédie, ainsi que don Sanche d'Aragon,

De ce qu'on tous ordonne,

est trop fort, et ne s'accorde pas avec le mot à^ prière: (V.)

^ On ne se défait pas d'un gain de bataille et d'un assaut : le mot de se défaire, qui d'ailleurs est familier, convient à des droits d'atnesse ; mais il est impropre avec des assauts et des batailles gagnées. (Y.)

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