‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 326 sur 377 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

SERTDRÎUS, VIRIATE, THAMIRE.

SERTORIUS

Que direz-vouSi madame, Du dessein téméraire où s'échappe mon ame *? N'est-ce point oublier ce qu'on vous doit d'honneur Que demander à voir le fond de votre cœur?

Il est si peu fermé, que chacun y peut lire, Seigneur, peut-être plus que je ne puis vous dire; Pour voir ce qui s'y passe, il ne faut que des yeux.

SERTORIUS

J'ai besoin toutefois qu'il s'explique un peu mieux.

Tous vos rois à l'envi briguent votre hyménée ; Et comme vos bontés font notre destinée. Par ces mêmes bontés j'ose vous conjurer. En faisant ce grand choix, de nous considérer. Si vous prenez un prince inconstant, infidèle. Ou qui pour le parti n'ait pas assez de zèle,. Jugez en quel état nous nous verrons réduits. Si je pourrai longtemps encor ce que je puis, Si mon bras...

VIRIATE

Vous formez des craintes que j'admire.

J'ai mis tous mes Étals si bien sous votre empire, Que quand il me plaira faire choix d'un époux. Quelque projet qu'il fasse, il dépendra de vous. Mais, pour vous mieux ôter cette'frivole crainte, €bofsissez-le vous-même, et parlez-moi sans feinté : Pour qui de tous ces rois êtes-vous sans soupçon »?

1 Une ame ne s'échappe point à un dessein. (V.)

S C'est un barbarisme de phrase. On soupçonne quelqu'un, on a des soupçons, on jette des soupçons sur lui ; on n'a pos des soupçons pour quelqu'un, comme on a de rcstime, de l'amitié, de la haine pour quel-

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