‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 43 sur 377 · ACTE m, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE V

De bien mieux fiiits que vous se contenteroient d*elle.

DOBANTE.

Oiii, mais un grand défaut ternit tous ses appas.

CLARICB.

Quel est-il ce dé&ut?

doiautb.

Elle ne me plattpas; Et, plutôt que rbymen avec elle me lie, Je serai marié, si Ton veut, en Turquie.

CLARICE

Am'ourd'hui cependant on m'a dit qu'en plein jour Vous lui serriez la main et lui parliez d*amour.

DORANTE

Quelqu'un auprès de vous m'a fait cette imposture.

CLARICE, i Lucrèce.

Écoutez l'imposteur; c'est hasard s'il n'eu jure.

DORANTE

Que du ciel...

CLARICE, i Lucrèce.

L'ai-je dit?

DORANTE

J'éprouve le courroux Si j'ai parlé, Lucrèce, à personne qu'à vous !

Je ne puis plus souffrir une telle impudeuce. Après ce que j'ai vu moi-même en ma présence : Vous couchez d'imposture, et vous osez jurer i, ' Comme si je pouvois vous croire, ou l'endurer? Adieu : retirez-vous, et croyez, je vous prie, Que souvent je m'égaie ainsi par raillerie, Et que, pour me donner des passe-temps si doux, J*ai donné cette baie à bien d^autres qu'à vous '.

* Foti* cùuchez d'imposture. Cette manière de s'exprimer n'est plus *«iini»e ; elle vient du jeu. On disait, couché de vingt pistoleSf de trente pistoles, couché belle. (V.)

* Cette scène ne peut réussir, elle est trop forcée ; il était naturel «ïuc Clarice loi dit : C'est moi que vous avez trouvée aux Tuileries; tous devez reconnaître ma voix; et alors tout était fini. (V.)

58 l£ MENTEUR,

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