‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 76 sur 377 · A€TE V, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

A€TE V, SCÈNE VIL

SABINE , à Dorante, eoam e rentre.

Si VOUS VOUS oiariez, il ne j^leovra plus guères.

DOBAim.

Je changerai pour toi cette ploie en rivières <.

SABIHK.

Vous n'aurez pas loisir seulement d*y penser.

Mon métier ne vaut rien quand on s'en peut passer.

GLrrON, Mal.

Gomme en sa propre fourbe un menteur s^embarrasse! Peu sauroient comme lui s'en tirer avec grâce.

Vous autres qui doutiez s'il en pourroit sortir, Par un si rare exemple apprenez à mentir '.

* Plaisanttrie bien rechercliée. Vu défont de cette pièce est la répétition des façons et des gaietés d'une soubrette à qui Ton fait qudqvM petits présents. (Y.)

) Cestid une plaisanterie de ralet ; mais elle parait déplacée. On attend la morale de la pièce, qui est toute contraire au propos de Cliton*. Goldoni ne manque jamais à ce devoir ; tous ses dénouements sont accompagnés d'une courte leçon de vertu : chez lui , le Menteur est pBu , et il doit Têtre ; il en a fait un malhonnête homme, odieux et méprisable. Le Menteur, dans le poëte espagnol et dans la copie faite par Corneille, n'est qu'un étourdi. Il y a peut-être plus d'intérêt dans l'italien, en ce que tous les mensonges du Bugiardo servent à ruiner les espérances d'un honnête homme discret, timide et fidèle. (V.) — La comédie du Menteur, qui précéda de vingt ans celles de Molière, fat empruntée des Espagnols, comme le Cxd : ainsi nous devons i d'heureuses imitations, embellies par la muse de Corneille, la première tragédie touchante, et la premu-re comédie de caractère que l'on ait ▼nés sur notre tliéâtre ; et l'auteur fut, dans l'une et dans l'autre, également supérieur à tous ses contemporains. C'est dans le Menteur Qu'on entoidit pour la première fois sur la scène la conversation des honnêtes gens. On n'avoit eu Jusque-là que des farces grossières, telles <)ue le» JodeletB de Scarron, et de mauvais romans dialogues. L'intrigue <la Menteur est foible , et ne roule que sur une méprise de nom qui n'amène pas des situations fort comiques. Mais la facilité et l'agrément des mensonges de Dorante, et la scène entre son père et lui , où le P<^te a su être éloquent sans sortir du ton de la comédie, font toujours «voir cette pièce avec plaisir. (La H.)

* la morale de la pièce est dans la belle scène du père et da fils ; elle scroit <i'l>Iacée dans la bouche de Cliton. (P.)

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