Chemin de fer Pacifique canadien [microforme]
M. RINFRET. Je ne crois pas devoir laisser passer le débat qui se poursuit actuellement sur la question du Pacifique, sans faire quelques remarques. À cette période avancée de la discussion, lorsque Îles principaux orateurs ont pris la parole ;—lorsque le sujet est pour ainsi dire épuisé,—jo ne me propose pas d'occuper bien longtemps l'attention de cette honorable Chambre.
Ce n’est pas la première fois, M. le président, qu'il est question de faire construire le chemin de fer du lacitique par un syndicat. Dès, 1871, il fut décidé que ce chemin serait construit au moyen d'octrois de terres et de subsides en argent. En 1874, lorsque l'honorable député de Lambton occupait le poste de premier ministre, il continua sur ce point la politique de ses prédécesseurs, et il offrit lui aussi de subventionner toute compagnie qui se chargerait de l’entroprise. Les deux partis politiques qui divisent cette honorable Chambre ont par conséquent concouru dans la même opinion sur cet important sujet. Et, s1 je combats aujourd’hui lu politique dts honorubles messieurs qui siézent sur les banquettes du trésor, ce n'est pas sur le fait de confier à un syndicat la construction du Pacifique, c'est parce que le contrat que les syudics paraissent avoir imposé au gouvernement contient des clauses qui ne doivent pas être adoptées par le parlemont du Canada, c'est parce que l'adoption de ce contrat nous imposerait des charges énormes, et nullement en rapport avec les ressources du pays.
Je crois, M le président, que nous ne trouverions dans cette honorable Chambre qu'un assez petit nombre ie représentatits disposés à accepter, Sans Mmurmures el sir aut“une restriction, les conditions qui nous sont proposées pur le -ÿndicat. Et les appréhensions sont 1evenues tellement ér1érarales out ris tellement d'importance que l'henoruble minis tre des Lravau: pubiesa cru devoir plaider les ét constances atténuantes, n effet, il a présenté le contrat à cote houo-
rable Chambr: non pas comme un marché conclu entre deux parties libres ruais comme un marché qui nous est imposé par un concours de faits que le ministère ne pouvait contrôler. Il a parlé entre autres faits de nos engagements envers la Colombie-Britannique.
Je crois, M. le président, qu'aucun membre de cette honorable Chambre ne peut mettre en doute les obligations que nous avons contractées envers la Colombie-Britannique. Lorsque la Colombie-Britannique consentit à faire partie de la confédération ello imposa comme condition promière la construction du chemin de fer du Pacifique. Oette condition fut acceptée. Mais alors, comme aujourd’hui, il y avait des appréhensions au sujet de cette gigantesque entreprise, et, pour rassurer ses partisans— pout être même dirai-je
our décider le vote en faveur du gouvernement, Sir George 3, Cartier dut faire adopter en même temps par le parlement du Canada un autre résolution par laquelle il s’engageait à fe pas augmonter les charges du pays pour Jfconstruction du chemin defer du Pacifique. : Ainsi Ris contracté dans le même temps deux obligations distinetes— la première envers la Oblombie Bétientione de construire le chemin du Pacifique et l’autre envers la Puissance du Canada de ne pas augmentor lo fardeau des taxes. Ces deux obligations ont été endossées par tous les ministères qui se sont succédé depuis 1871. En effet, l'honorable député de Lambton reconnut les obligations du gouvernement envers la Colombie-Britannique, mais d’un autre côté il passa à plusieurs reprises en cette chambre des résolutions qui réatfrmaient nos engagements envers la puissance du Canada, de ne pas augmenter le fardeau des taxes. A chacune des sessions du parlement actuel, l'honorable ministre des Chemins de fer s'est toujours appliqué à prouver quo tout en remplissant nos obligations envers la Colombie Britannique, il n’augmentorait pas lo fardeau des char ses publiques. il a prétendu, eu effot, dans chacun des discours qu'il
fit sur ce sujet, ee in vente des terres du Nord-Ouest ferait las que payer la dette énorme que nous contractions pour a construction du chemin de fer du Pacifique. Je crois devoir différer complètement sur ce point a”e0 l'honorable ministre, et je crois pouvoir prouver d'après los estimations
uo nous AVONS requos om ce jour, que la vente des terres sule n'éteindra pas cette dette, mais au contraire, qu'elle ne suffira pus même à on payer les intérêts, de sorte que si nous ne comptons que suf la vente des terros du Nord-Ouest la dette contractée pour l'exécution de eette grande entreprise, no fera que s'aceroître d'années en années,
L'honorable ministre des chemins do for—na estimé à 828- 000,000 les dépenses faites jusqu'à ce jour sur le Pacifique— ilinclut on cette somme, non-seulement les Géponses sur los soctions qui sont terminées, mais aussi sur les sections actuellement sous contra! Si nous ajoutons À cotte somme les 825,000,000, octroyés au syndicat—nous aurons la somme de *#53,000,000, Il faut ajouter à cela, pour arpontages et télégraphe, subside au Canada Central et divers items une somme d’au-delà de 87,000,000, faisant en tout 860,000,000. Ces soixante millions de piastres coûteront ar annéo—d'intérêt on y comprenant les frais d’adminisration—une son me d'environ #3,000,000, Nous allons examiner maintenant, M. lo président, si la vonte des terres suffira à éteindre ce capital ou même à en payer les intérêts.
On a fait différentes estimations sur la valeur des terres du Nord-Ouest, D'après les règlements des terres de la Couronne, présentés à la dernière session, les terres de chemins de‘ for étaient évaluées à un taux moyen de 83.18 l'acre, et les lots affectés aux préemptions et homesteads, à une valeur moyenne de #1.12. Ces évaluations ont été complètement changées cette année par l'honorable ministre des Chemins de fer. Comme il s'agissait de rouver à cette Chambre, qu'il ne donnait qu'une vaeur de $78,000,000 pour la construction du Pacifique, l'honorable monsieur était obligé, pour balancer, d'estimer les terres octroyées au syndicat seulement à $1.00 l’acre, D'après cette estimation la valeur des terrains affectés aux préemptions et Aomesteads—ne serait—en suivant les proportions établies par le règlement que je viens de citer— que de 43 cents l’acre—ou 4 à peu près de la valeur des terres de chemins de for, Je ne prétends pas que cette évaluation soit correcte—je ne l'invoquerai pas même comme base de mon argumentation, parce que je la trouve ridiculement basse.
L'honorablo mivistre des Chemins de fer dans le grand discours qu'il fit au mois d'avril dernier devant cette Chambre ontimait que d'ici à dix ans— nous aurions au Nord-Onest une immigration très considérable et qu'il estimait à audelà d'un demi-millicn. Ils estimait que ces immigrant. achèteraient 21 millions d’acres de terre. Je crois qu'il à été alors prouvé hors de tout doute qu ces estimations étaient de beaucoup trop élevées et que nous ne devions compter que sur un nombre a’immigrants beaucoup moins considérable. Tout do même—je veux bien supposer pour le moment que cette estimation soit correcte ot qu'il so vende réellement dans le Nord-Ouest les 21,000,000 d'acres de terre. Les terres qui seront nécessairement les plus vendables, et qui seront probablement vendues les premières seront les plus rapprochéos du chemin de fer—les terres de chemin de fer octroyées au .syndicat et les terres de la couronne divisées en homesteads et préemptions—et disposées par lots alternatifs avec les terres du syndicat. Il y aurait de vendu 10,500,000 acres du syndicat et 10,500,000 de terres ds la couronne divisées en homesieads et en préemptions. Cette énorme quantité de terrains-qui occupent une étendue plus considérable que tous les terrains concédés de la province d'Ontario, ne rapporte. aient à la couronne d'après l'estimation de 81.00 l’acre faite par l'honorable ministre des Cliemius de fer, pour les terres du ayndicat, $0.43 environ par acre pour les terres de la couronne—et ne don-
nerait on tout et partout pour dix ans—que 4} millions de
jastros environ, Mais jo viens de diro M. le président que je ne veux pas prendre cette éstimation comme base de mon argumentation parce quai la trouve ridiculement basse. Je prendrai l'estimation du département de l'intérieur qui donne une valeur moyenne de $1.12 aux (èrres de la vouroue consdorées aux préemptions et homestends, ot j'arrive au, chiffre d'environ 412,000. 000—que nous devrons retirer d'lei à dix ans pour toute vont de nos terres du Nord- Ouést d'ici À Cetto époque.
L'initérôt sur 860,000,000 pondant la mème née de dix années avec frois d'administration, s'élèvorait à un montant de #25,000,000 à 840,000,000.—8i nous ne comptons que sur la vente des terres du Nord-Ouest pour le payernent à cotte somme nous arrivous avec un déficit de pas moina do #15,000,000, de sorte que la dette prblique loin do diminuer sera au contraire au bout de ces dix années de 75 À 80 millions de pinstres, elle sera dans 20 ans de ‘0 À 100 millions de piastres, où de 25 piaatres par tête de la population ou d'environ #00 piastres par famille,
M, le Président, je ne crois pas que le parlement du Canada soit justifinble, en face des promesses faites on 1871, ot renouvelées depuis à plusieurs reprises, d'imposer une dotte aussi énorme ot si peu en rapport avec les ressources du
ays.
On a prétendti que la population du Nord-Ouest nous aiderait plus tard à payer ces Laxes que nous nous imposons pour la colonisation do cet immense territcire. Je crains beaucoup, M. le Président, que d'iei à un grand nombre d'années l'organisation de cos territoires nouveaux et les dépenses d'administration générale ne soient plus élevées que les revenus que nous pourrons en retirer, et que nous n6 puissions d'ici à longtemps compter sur cette population pour nous aider à payef la dette énorme que nous coutractons pour la construction du chemin de fer du Pacifique.
Je crois are le gouvernement aurait fait acte de patriotisme et qu'il aurait ou droit à la reconnaissance du peuple si à la dernière session—il eut calmé les appréhensions de ses propres partisans en adoptant ies suggestions de l'honorable député de Weost-Durham, Je crois qu'il out été de bonne politique de ne construire le chemin du Pacifique
ue lentement et seuloment à mesure que le Nord-Ouest se
t colonisé, De ne le construire qu'au fur et à mesure que la vente des terres nous aurait fourni l'argent pour payer les dépenses de cette malheurouse entreprise, Par la construction lente du chemin nous aurions évité l'accumulation des intérêts sur des sections qui ne sont pas d’une utilité immédiate aux intérêts généraux du pays. J'ai voté contre la construction de la section ouest parce que je ne crois pas à son utilité immédiate. Jé ne crois pas en effet que les intérêts généraux du pays demandent la construction de r“ette action avant que le Nord-Ouest soit colonisé. J'ai vo’: ontre la construction immédiate de cotte gection parce que nous ne pouvons la construire sans augmenter considérablement les charges du pays. Jo n'ai pas l'intention de revenir sur ce sujet qui a été discuté à la session dernière ; mais, je crois devoir m'opposer à la section Est du Pacifique—ou section du lac Supérieur—pour les mêmes raisons qui ont justifié mon vote de la dernière session sur la section de la Colombie britannique. Je m'oppose donc à la construction immédiate de la section du lac Supérieur parce qu'elle entraînera des dépenses considérables dans un pays qui n’est pas habituble et parce qu'elle n'est pas du tout requise per les intérêts généraux du pays.
Je penso que le gouvernement suivrait une meilleure politique en subventionnant une compagnie pour la constraction de l'embranchement du Sault-Sainte-Marie—en retardant pour un nombre indéfini d'années la construction de la section-est du Pacifique. L'embranchement du Sault- Sainte-Marie nous mertrait en communication directe avec le terminus du Northern Pacific Railway par les lignes actuellement en voie de construction entre Duluth et le
Saalt-Sainto-Marie, ot en communication directe aveo Win. nipeg les lignes qui existent aujourd hui entre Duluth et cette dernière ville, Nous avons ‘hit depuis nombre d'années des dépenses énormes pour la construction des canaux afin de mettre les villes du Canada en rapports commerciaux avec les fertiles Etats de l'Ouest des Etats- Unis, Aujourd'hui, grâce aux chemins do fer du sd du Lac Supérieur, nous n'aurions qu'à construire quelques milles de vole ferrée, dépenser deux ou trois millions de piaatres pour nous donner sans restriction, sans compétition possible le commerce de un million et demi d'âmes occupant un des endroits les plus fertiles du monde.
Notre pauvre province de Québec depuis plusieurs annéos est dans une position financière alarmante ; nous avons chaque année Le déficits de plusiours cent milles ;'astres, Je crois, M, le président, que le soul espoir qui nous reste de combler ces déficits repose sur les rovenus de notre chemin de fer national, le Q. M. O. & O. Le gouvernement peut, avec une légère dépense fournir d'ici À deux ou trois uns à notre chemin de fer un trafic considérable qui nous donnerait des milliers de piastres et qui nous aiderait 4 solder nos dépenses provinciales tout en faisant beaucoup pour la prospérité commerciale de nos villes. Mais on a prétendu
ue l'embranchement du Sault se construirait par la force es choses et que ce qu'il nous fallait pour le moment c'était la construction de la ligne au nord du lac Supérieur afin d'assurer un débouché pour les produits du nord-ouest at pour ue ces produits passent par le Cunada et non par les Etatsnis, k. le précident, si l'embranchement du Sault se construit, il n'y a aucune raison de construire la section Est du Pacifique parcequ'alors cette section sera completement inutilo, Quand au commerce du nord-ouest il n’y a u’un endroit pas où il puisse passer dans quelques annécs ici, c’est par Montréal. Il ÿ, aura on cffet, d’après ce que je viens de dire, trois débouchés pour le nor-ouest : la section est du Pacitique, la navigation du lac Supérieur, et une ‘igne non interrompue de chemin de fer au sud du lac Supérieur, Les produits du nord-ousst partiront de Winnipeg l'embranchement de Pembina çasqu'à Emerson ; seront nsportés de là par le “St, Paul et Manitoba” et le Northern Pacific Railway jusqu'à Duluth; de Duluth au Sault Sainte-Marie, par les voies ferrés actuellement en construction entre ces deux points.
La distance de Winnipeg à Montréal par ces deux lignes est exactement la même, il n'y a que 13 milles de différence. Le trajot par la navigation du lac Supérieur es: d'une centaine de milles plus court. Le débouché offert par chacune de ces voies de communication est de quelques centaines de milles plus court que toute communication sur le territoire américain avec les marchés de New-York et de Boston, Les lignes au sud du Inc Supérieur ont sur la section est du Pacifique l'avantage d’être un chemin de première classe, tandis que cette dernière, d'après ies termes mêmes du contrat, ne sera qu'un chemin de froisième classe, Elle sera d’un entretien beaugçoup facile en hiver. Pour se convaincre de cela, il n'y a qu'à considérer que le tracé du nord du lac Supérieur,est situé à deux degrés plus au nord que Québec Ayant en outre l'avantage de passer sur un territoire habité, et devant avoir le trafic des plus fertiles Etats de l’ouest, elle aura beaucoup de fret et pourra, pour toutes ces raisons, transporter les produits et Les différents articles de commerce à des prix beaucoup plus réduits, Il n'y a pas de doute que la secticn est ne pourra en aucune manière supporter la compétition. On s'expliquerait difhcilement la politique du gouvernement, si l'honorable ministre des Tre vaux publics ne nous en avait donné la grande raison, celle qui prime toutes les autres, et qui est une raison purement sentimentale. En effet, l'honorable ministre, dans un mouvement oratoire disait il y a quelques jours à cette honorable Chambre : “Ce qu'il nous faut, c’est un chemin de fer canadien, et passant sur le territoire canadien.” Le patriotisme a toujours sa place dans les affaires de ce
monde, et je ne puis que féliciter l'honorable ministre d'avoir conservé À son age autant d'enthousiname, Jo lui forai remarquer, cependant, que le commerce, lui, n'a pas de nationalité. commerce, qui n'a pas le patriotisme de honorable ministre, suivra probablement la route qu'il trouvorn la plus gi un et cetté ligne ost incontestablomont la ligne américuine au sud du Inc Superieur, et l'embranchement du Sault Sainte-Marie.
Ainsi, M, le Président la prospérité de nos chemins de fer canadiens, la prospérité de nos villes, los intérèts généraux de notre commerce, tout D a+ au gouvernement l'obligation de construire l'ombranchement du Sault,
D'un autre côté, le mauvais état de nos finances, la dette énorme qui pèse actuellement sur le peuple du Canada et j'ajouterai même l'inutilité de la section ost du Pacifique, tant qu'il y aura pe une pa do un million à deux millions entre fort William et Selkirk, toutes ces considéra. tions imposent au ministère le devoir impérieux de retarder la construction de !n section est du Pacifique.
Je n'oceuperni pas l'attention de cotte Chambre-sur los clauses du contrat qui ont été traitées au long par d'autres honorable messieurs, Je dirai seulement qu'il y a des
otites clauses, toutes courtes, de quelques lignes qui renerment des millions. L'exemption de taxes sur tous los matériaux qui entrent dans la construction du chemin a été estimée à une dizuinede millions, L'exemption sur les terres du syndicat de toutes tuxes, municipales, scolaires, fédérales et locales, peut-être estimée À un demi-million de piastres par année : faisant pour vingt ans quelques vingt millions de piastres. U'est, en tout, une vingtaine de millions qui prennent très pou de place dans le contrat,
Mais il est une autre clause d’une grande importance, on ce sens qu'elle tend ÿ établir dans le Nord-Ouest un état 80cial qui a été condamné dans des circonstances antérieures non-seulement par le parti libéral, mais aussi par le parti conservateur de ce pays. En effet, la cession des torrer au syndicat, sans réserves, sans Aucune restriction établira infailliblement au Nord-Ouest le règne des grands propriétaires, Les vétérins de notre politique canadienne qui ont combattu pendant des années pour l'abolition de la tenoure si
neuriale, regretteront la position que lo ministère fait aux
abitants du Nord-Ouest. Depuis l'abolition de la teneure seigneuriale, le parti conservateur a toujours disputé au parti libéral dans la presse, et snr les hustings l'honneur d’avoir délivré le peuple de la province de Québoc ue ce reste de féodalité, Je suis surpris de voir le même parti poiitique, les mêmes hommes, qui nous ont disputé «tte honnour, faire sur ce point une abdication complète des principes qu’ils
rofessaient alors ; je suis surpris de los voir établir parmi es colons du Nord-Ouest qui seront des sujets britanniques comme nous, des compatriotes, un état social qui a été con: damné autrefois dans le Bas-Canada par toute la population sans distinction de partis politiques. Je m'opposerai donc au contrat actuel parce qu'il tend à établir, dans le grand Nord-Ouest du Canada, un état social nullement en harmonie avec les principes professés jusqu'ici, non-sculement rar le parti libéral mais aussi par le parti conservateur du Canada.
Je regrette que le gouvernement ne se comforme pas à l'opinion publique qui demande lu construction de l’embranchement du Sault, comme étant un moyen d'augmenter considérablement la prospérité du pays.
Je m'oppose au contrat du gouvernement avec le syndicat, parceque, outre les octrois de terres, il impose au pays une dette de soixante millions de piastros qui ne sera pas éteinte par la vente des terres du Nord-Ouest, mais au contraire qui ne fera que s’accroître.
Je crois qu’il est imprudent d'imposer cette nouvelle
charge à un pauvre pays comme le nôtre dont la dette s'élève déjà à au-delà de quarante piastres par tête
Je orois que nos ressources ne sont pas suffisantes pour faire face à cette augmentation considérable de la dépense publique. En effet, depuis un grand nombre d'années, nous avons où des déficits continuels qui se sont élevés pour ls dernière année fiscale à près de 2,000,000 de pinatres.
Quelques-uns des honorables membres de l'autre côté de in
Chambre ont annoncé un surplus pour l'année courante. J'eat une bonne nouvelle ; mais devors-nous nous en réjouir lorsque nous considé-ons que 0e surprus n'est obtenu qu'en chargeant d'impôts les premières nécessités de la vie, ep imposant des taxes énormes sur tous las articles que le cultivateur et l'ouvrier doivent nécesssairement nchoter et qui augmentent pour chaque famille de cultivateurs los dépenses de #20 à ets par année ?
Devons-nous nous réjouir get ces charges trop lourdes forcent nos compatric tes à hair le pays ; lorsque nous voyons défiler devant nous comme un cortôge funèbre des milliers de familles qui vont perdre lour sauté ot quelquefois leur vie dans les manufhotures américaines ?
Si nous pouvons espérer des surplus, tant mieux, Mais n'on abusons pas pour onsovolir des million, dans les montagnes de In Colombie britanuique, dans les déserts ot les rochers qui bordent le lac Supérieur. Si nous avons des sur: plus, profitons-on, pour diminuer les charges publiques ;
yons notre dotte ; diminuons les impôts et nous réussirons peut-être par une sage économie des deniers publics à retsnir au pays quelques-uns de nos frères ot do nos amis qui s'on vont,
luenrwenrs ps MaoLaan, Roëss se Orne, Run Wazuinwaron,