II* STATION
JÉSUS EMBRASSE SA CROIX
A peine a-l-on fait quelques pas dans cette voie douloureuse, qu'on voit paraître une bande de bourreaux, traînant péniblement derrière eux une lourde et épouvantable croix. Qui n’aurait senti les cheveux se dresser sur sa tête à la vue de cet affreux gibet? Mais il n’en fut pas ainsi de Jésus ; au contraire, voyant tous nos péchés attachés à cette croix, il la prit sur ses épaules par un pur mouvement d’amour. Voilà l’innocence condamnée, le juste rassasié d’outrages et le pécheur absous. Qu’en pensez-vous, messieurs? N’avons-nous qu’à nous réjouir du bonheur d’avoir obtenu le pardon de nos fautes aux dépens de Jésus! Jésus doit-il seul en porter la peine, être seul tourmenté? A Dieu ne plaise! mais le cœur attendri et plein de compassion pour les souffrances de cet aimable Sauveur, chargeons aussi cette sainte croix sur nos épaules, et supplions Jésus d’allumer dans nos cœurs un désir ardent, mais très-ardent de souffrir; car c’est un axiome irréfragable que sans la croix on n’arrivera pas à la gloire, non, sans la croix on n’arrivera pas à la gloire.
TROISIÈME EXERCICE
IIIe STATION.
PREMIÈRE CHUTE DE JÉSUS
Voilà à quel point Jésus fut exténué pour nos péchés : telle fut la cruauté avec laquelle ses bourreaux l’accablèrent de coups, et le tiraillèrent en sens divers, qu’il succomba sous son énorme fardeau. En tombant la face contre terre, il rouvre toutes les blessures qui lui avaient été faites dans la flagellation, sa couronne d’épines s’enfonce de plus en plus et pénètre jusqu’aux parties les plus sensibles du cerveau. O aveuglement des mondains I ne vous rendrez-vous pas encore à la vue d’une souffrance si intense de Jésus? Ne reconnaissez-vous pas que cette maudite ambition de l’emporter sur les autres est précisément ce qui a renversé Jésus par terre? Ah 1 heureuse l’âme fervente qui, à ce touchant spectacle, formera le bon propos de s’humilier, à l’avenir, sous les pieds de toutes les créatures. C’est à vous, ô mon Jésus! de nous accorder une humilité profonde qui nous fasse reconnaître que nous sommes de misérables pécheurs, et nous porte à pleurer constamment ces iniquités qui ont été l’unique cause de vos chutes.
IVe STATION.